dimanche 31 mai 2020

Patty Pravo - Live: La Fenice Venezia - Teatro Romano Verona (2018)

Patty Pravo Live
Patty Pravo - Live:
La Fenice Venezia - Teatro Romano Verona (2018)

Pourquoi écouter ce disque ?

Diva au charisme invraisemblable, Patty Pravo a eu mille vies durant lesquelles elle a croisé les Rolling Stones, Pink Floyd, Vangelis, Pavarotti, Brel ou encore Léo Ferré. Artiste iconoclaste, elle a, dès les années 60, combattu pour la cause des femmes, prenant position pour le divorce, l'avortement et la liberté sexuelle, dans une société encore très conservatrice. Née à Venise, la jeune Nicoletta Strambelli se destinait à devenir chef d'orchestre. La vie en a décidé autrement, pour le plus grand bonheur de son public. En souvenir de ses jeunes années, durant l'année 2018, celle de ses 70 ans, elle a engagé une tournée dans les plus grands théâtres italiens, accompagnée d'un orchestre symphonique. Elle en a sorti un (double) album live, le quatrième de sa longue carrière. Le premier disque enregistré à La Fenice le 23 mars 2018, marque son retour triomphal à la Cité des Doges. Le répertoire revisité est celui des années 60-70. Le set s'ouvre avec l'ambitieux Concerto Per Patty (1969), long morceau de onze minutes aux couleurs progressives. Amoureuse de la chanson française depuis toujours, elle enchaîne ensuite avec des reprises chantées en italien de Ferré (Petite, Avec Le Temps) et de Brel (Chansons Des Vieux Amants, Ne Me Quitte Pas). Ce dernier, subjugué par sa version de Ne Me Quitte Pas, pensait que sa voix venait de la lune. Elle rend aussi hommage au courant negro spiritual en reprenant le chant traditionnel Motherless Child popularisé par Odetta, ainsi qu'aux années folk à travers l'intemporel Where Have All The Flowers Gone de Pete Seeger. Enregistré le 4 septembre 2018 à Vérone, le deuxième disque présente sa facette plus rock, et aligne quelques-uns de ses plus grands tubes : La Bambola, Se Perdo Te, Piensero Stupendo ou encore Pazza Idea repris en chœur par la foule. Si elle susurre parfois plus qu'elle ne chante, sa voix file toujours autant le frisson. Elle qui résume sa vie ainsi : "Je suis née en souriant et j'espère mourir en souriant", offre un merveilleux moment de grâce.

Musiciens 

Patty Pravo : chant

Pino Soffredini : guitares
Gian Piero Gotti : guitares
Luca Proietti : claviers
Luca Amendola : basse
Rodolfo Demontis : batterie 
Flavio Ianiro : saxophone, flûte
Clizia Aloisi : chœurs
Elisabetta Nesca : chœurs
Simone Sammarone : guitares

Orchestre symphonique OSCM (Vérone)
Orchestre symphonique Gaga (Venise)

Titres

1.01. Concerto Per Patty
1.02. Tutt'al Più
1.03. Piccino (Petite)
1.04. La Canzone Dei vecchi amanti (La Chanson Des Vieux Amants)
1.05. Non Andare Via (Ne Me Quitte Pas)
1.06. A Modo Mio (My Way)
1.07. Col Tempo (Avec Le Temps)
1.08. Motherless Child
1.09. Dove Andranno I Nostri Fiori (Where Have All The Flowers Gone)

2.01. La Bambola
2.02. Se Perdo Te
2.03. Orient Express
2.04. E Dimmi Che Non Vuoi Morire
2.05. La Viaggiatrice Bisanzio
2.06. Cieli Immensi
2.07. Nuvole
2.08. Piramidi Di Vetro
2.09. Pensiero Stupendo
2.10. Pazza Idea

vendredi 29 mai 2020

Pentangle - One More Road (1993)

Pentangle One More Road
Pentangle - One More Road (1993)

Pourquoi écouter ce disque ?

Enregistré au cœur de la campagne anglaise, le tout dernier album de Pentangle One More Road s'ouvre sur le monde. Si Travelling Solo, le premier titre, a été composé lors d'un séjour de Jacqui McShee à Venise, Manuel évoque l'Espagne, High Germany l'Allemagne, Endless Sky et son style country les États-Unis, Hey, Hey Soldier le conflit nord-irlandais, Somali, la guerre civile en Somalie et Willy Of Winsbury l'Écosse. Ce dernier morceau, déjà présent sur Solomon's Seal (1972), tout comme High Germany, est revu d'une manière somptueuse, mettant en valeur la voix cristalline de Jacqui. Accompagnée au début par un simple piano joué par le bassiste Nigel Portman-Smith, on pense aux années d'or de Renaissance. Jamais Pentangle n'a été aussi proche du rock progressif avec ce titre. Depuis sa reformation dans les années 80, ce groupe culte des années 60-70 s'est davantage électrifié, se rapprochant ainsi de ses pairs Fairport Convention et Steeleye Span. Cette évolution est essentiellement due au guitariste Peter Kirtley, proposant d'agréable soli inventifs (Oxford City). Si Bert Jansch et sa voix caverneuse chante en lead sur quatre titres, dont l'étonnant Are You Going To Scarborough Fair? plus proche de la version de Martin Carthy que de celle de Simon & Garfunkel, Jacqui enchante littéralement chacune des compositions, originales ou traditionnelles. D'ailleurs, une fois Bert retourné à sa carrière solo, elle continuera l'aventure sous le nom de Jacqui McShee's Pentangle (avec l'accord de ses anciens acolytes), aidée du batteur Gerry Conway qui, au cours de sa longue carrière, aura côtoyé quelques une des plus belles voix de la scène folk britannique : Sandy Denny, Maddy Prior, Linda Thompson, Shelagh McDonald, Joan Armatrading, ou encore Claire Hamill.

Musiciens

Jacqui McShee : chant
Bert Jansch : chant, guitare acoustique
Peter Kirtley : chant, guitares
Nigel Portman Smith : basse, piano, chant
Gerry Conway : batterie

Mike Piggott : violon
Paul Brennan : flûte irlandaise

Titres

01. Travelling Solo 
02. Oxford City 
03. Endless Sky 
04. The Lily Of The West 
05. One More Road 
06. High Germany 
07. Hey, Hey Soldier
08. Willy Of Winsbury 
09. Somali 
10. Manuel
11. Are You Going To Scarborough Fair?


jeudi 28 mai 2020

Ange - Zénith An II (2007)

Ange Zénith An 2
Ange - Zénith An II (2007)

Pourquoi écouter ce disque ?

C'était il y a vingt ans, ils en avaient trente. "Ils" ?  C'est Ange, le plus grand, mais aussi le plus vieux groupe de rock progressif français. Christian Decamps, son leader devant l'Éternel, a décidé de fêter en toute dignité les trente ans du premier album Caricatures sorti en 1972. Il réunit donc au Zénith de Paris, le 13 octobre 2002, quelques une des membres éminents de la famille Ange, présents et passés, accompagnés d'invités de marque. En 2007, Musea propose ce double-live reprenant les principaux moments de cette soirée exceptionnelle qui dura plus de trois heures trente. Au programme, des classiques comme Ode À Émile, Sur La Trace Des Fées ou Vu D'Un Chien, des titres récents (Adrénaline, Jusqu'où Iront-Ils ?, On Sexe), et des perles rares (Nonne Assistante À Personne A Tanger, Virgule, et surtout Docteur Man, face B du single Tout Feu, Tout Flamme sorti en 1972). Parmi les Anciens, citons la rythmique de l'époque Émile Jacotey, Daniel Haas (basse) et Guénolé Biger (batterie), ainsi que les guitaristes Claude Demet et Serge Cuenot, rassemblés Autour D'Un Cadavre Exquis savoureux aux côtés de Jean-Pascal Boffo, Norbert Krieff et du master actuel Hassan Hajdi. Pour ceux qui l'ignorent, le nouvel Ange du XXIe siècle est un Ange à trois voix partagées entre le Père, Christian Decamps, le Fils, Tristan Decamps, et la Saine d'Esprit, Caroline Crozat. Cette dernière est seulement arrivée en 2001, pour l'album Culinaire Lingus. Ce concert est un peu son grand oral qu'elle réussit avec brio. Entre théâtre et cabaret, elle s'impose, trouvant sa place dès l'ouverture avec une Nonne Assistante A Personne À Tanger ubuesque, allant jusqu'à l'explosion du dantesque Jusqu'où Iront-Ils ?. Son Prélude à Crever D'Amour en compagnie de Tristan est juste magnifique, tandis qu'elle frise l'érotisme aux côtés du Père, sur les gargantuesques Culinaire Lingus et On Sexe où elle n'est pas sans rappeler une certaine Catherine Ringer. Un Ange s'envole, une artiste est née. 

Musiciens

Christian Decamps : chant, claviers, guitare acoustique
Caroline Crozat : chant
Tristan Decamps : claviers, chant
Hassan Hajdi : guitares, chant
Thierry Sidhoum : basse
Hervé Rouyer : batterie, percussions

Gilles Pequinot : violon, guimbarde, flûte
Claude Demet : guitares
Serge Cuenot : guitares
Jean-Pascal Boffo : guitares
Norbert Krief : guitares
Daniel Haas : basse
Guénolé Biger : batterie, percussions
Francis Lalanne : chant
Jean-Marc Miro : chant, guitare acoustique
Manu (de Tryo) : tablas

Titres

1.01. Nonne Assistante À Personne À Tanger
1.02. Ethnies
1.03. Le Ballon De Billy
1.04. Adrénaline
1.05. Jusqu'où Iront-Ils ?
1.06. Culinaire Lingus
1.07. Virgule
1.08. Ode À Émile
1.09. Sur La Trace Des Fées
1.10. Au Delà Du Délire
1.11. Le Bal Des Laze

2.01. Lola Bomembre (Sketch)
2.02. On Sexe
2.03. Shéhérazade
2.04. Si J'étais Le Messie
2.05. Crever D'amour [Prélude]
2.06. Cadavres Exquis
2.07. Présentation
2.08. Docteur Man
2.09. Vu D'un Chien
2.10. Ces Gens-Là
2.11. Autour D'un Cadavre Exquis

lundi 25 mai 2020

My Indigo - My Indigo (2018)

Sharon den Aden My Indigo
My Indigo - My Indigo (2018)

Pourquoi écouter ce disque ?

Derrière le projet My Indigo, se cache Sahron den Adel, chanteuse du fameux combo néerlandais de metal symphonique Within Temptation. L'envie de se produire en solo lui est venue peu après l'énorme tournée du Hydra World Tour débutée en 2014, et qui a entraîné le groupe devant 120 000 personnes au total. Sharon en est sortie complètement épuisée, physiquement et mentalement. Son état était tel, qu'elle pensait ne plus arriver à écrire, ni à créer. A cela, s'est ajoutée la disparition de son père, conséquence une longue maladie. My Indigo, résultat de deux années de travail, lui est dédié. A l'origine, Sharon ne pensait pas sortir ce disque. Elle le voyait plutôt comme une thérapie musicale l'aidant à réaliser son introspection. Jamais elle ne s'était autant livrée dans des textes. D'où ce besoin impérial de s'éloigner au maximum de la galaxie Within Temptation, notamment sur le plan musical. Sharon s'est tournée vers la pop de son enfance, celle des années 80 où régnaient Kate Bush et Fleetwood Mac, ses idoles de l'époque. Elle s'est également accordée quelques incursions dans les sonorités contemporaines, du côté d'Adele, de Lana Del Rey et des productions actuelles de l’Eurovision. Si le fan inconditionnel de Within Temptation sera surpris, voire même dérouté, à l'écoute de ce disque, il n'oubliera pas l'essentiel, la splendide voix de Sharon qui n'a jamais été autant mise en valeur.  

Musiciens

Sharon Den Adel : chant

Daniel Gibson : claviers, programmation
Martijn Konijnenburg : claviers
Will Knox : guitares, ukulélé, chœurs
Teus Nobel : trompette
Kevin de Randamie : voix

Titres

01. My Indigo
02. Crash And Burn
03. Black Velvet Sun
04. Indian Summer
05. Out Of The Darkness
06. Star Crossed Lovers
07. Someone Like You
08. Safe And Sound
09. Lesson Learned
10. Where Is My Love

dimanche 24 mai 2020

The Gathering - TG25: Live At Doornroosje (2015)

The Gathering TG25
The Gathering - TG25: Live At Doornroosje (2015)

Pourquoi écouter ce disque ?

The Gathering à l'art de la fête. Pour ses 25 ans, les frères Rutten ont proposé aux anciens et actuels membres du groupe de les rejoindre sur scène pour un concert mémorable. Tous ont accepté, sauf deux. Ainsi, le 9 novembre 2014, à Nimègue, aux Pays-Bas, deux concerts exceptionnels ont été donnés dans la même journée devant un public des plus radieux. Les meilleurs moments ont été sélectionnés pour cet album live, soit dix-huit titres pour plus de deux heures de musique non-stop. Quel plaisir d'entendre à nouveau Anneke van Giersbergen, chanteuse de 1994 à 2007, reprendre d'anciens classiques résonnant encore dans nos têtes. Elle n'est pas seule, les autres voix qui ont fait l'histoire de The Gathering sont elles aussi de la partie : Bart Smith (1989-1993), Marike Groot (1992-1993), et Silje Wergeland depuis 2008. Ensemble, ils ouvrent le set avec un Saturnine mémorable sur lequel ils se succèdent au chant. L'émotion est palpable. Ce n'est que le début. Ils sont heureux, nous aussi. Qu'il est loin le temps où les frères Rutten et leurs potes ados se rêvaient rock stars. Le rêve est devenu réalité. Ils ont aligné tout au long de leur carrière de splendides albums, explorant une multitude de style, du doom metal au trip hop, du metal gothique au rock progressif, sans oublier le rock alternatif. Et, surtout, ils ont révélé une extraordinaire chanteuse en la personne d'Anneke, incapable d'après Arjen Lucassen d'Ayreon, de sortir une fausse note. Allez ! Il est temps de se caler dans un bon fauteuil, de monter le son et de vivre une expérience unique. 

Musiciens

Anneke van Giersbergen : chant, percussions
Silje Wergeland : chant, claviers
Bart Smits : chant, claviers
Marike Groot : chant, thérémine
René Rutten : guitares, thérémine
Jelmer Wiersma : guitares, chant
Frank Boeijen : claviers, chant
Marjolein Kooijman : basse, chant
Hugo Prinsen Geerligs : basse
Hans Rutten : batterie

Noël Hofman : trompette, guitare

Titres

1.01. Saturnine
1.02. Strange Machines
1.03. Meltdown
1.04. Nighttime Birds
1.05. The Mirror Waters
1.06. King For A Day
1.07. Even The Spirits Are Afraid
1.08. Broken Glass
1.09. Heroes For Ghosts

2.01. Afterwords
2.02. Amity
2.03. On Most Surfaces (Inuit)
2.04. Paper Waves
2.05. Leaves
2.06. In Motion I
2.07. Travel
2.08. Waking Hour
2.09. I Can See Four Miles


vendredi 22 mai 2020

Nightwish - Showtime, Storytime (2013)

Nightwish Showtime Storytime
Nightwish - Showtime, Storytime (2013)

Pourquoi écouter ce disque ?

3 août 2013, festival de Wacken Open Air dans le nord de l'Allemagne, Nightwish, combo finlandais de metal symphonique, livre un mega show devant 80 000 fans en délire. Ce concert enregistré donnera lieu à l'album live Showtime, Storytime, un incontournable de sa discographie. A l'instar de End Of An Era en 2006, il annonce une nouvelle étape dans l'histoire de ce groupe pas comme les autres. Il faut dire que Tuomas Holopainen et les siens reviennent de loin. En 2007, Anette Olzon avait succédé à Tarja, expulsée sans ménagement comme chacun le sait. Mais la jeune chanteuse, malgré toute sa bonne volonté, n'a jamais réussi à s'imposer. Octobre 2012, en pleine tournée Imaginearum, c'est la crise. Elle est à son tour virée du groupe qui recrute provisoirement la néerlandaise Floor Jansen (After Forever, ReVamp, Ayreon). Contre toute attente, en véritable guerrière, celle-ci bluffe son monde et parvient à faire oublier ses prédécesseurs en un claquement de doigts. C'est un miracle ! Showtime, Storytime en est le témoignage. Quelle maîtrise ! Quel charisme ! Et surtout, quelle voix ! Aussi à l'aise sur les anciens titres de l'époque Tarja (Nemo mémorable, Ghost Love Score imparable) que les plus récents (Ghost River dantesque en duo avec Marco Hietala, ou encore le fulgurant Last Ride Of The Day en final). Véritable bête de scène, Floor devient déesse devant des milliers de fidèles convertis en un instant. Tuomas, Marco, Emppu Vuorinen et sa guitare ensorcelée, Jukka Nevalainen comme possédé, ainsi que Troy Donockley en provenance des cieux celtiques, donnent le meilleur d'eux-même tout au long de cette messe noire endiablée, entraînant son monde dans les flammes de l'Enfer. Octobre 2013, Floor et Troy deviennent des membres officiels de Nightwish, trouvant à travers eux un nouveau souffle (divin), tandis que Jukka se retire pour des raisons de santé. Comme annoncé, une nouvelle histoire commence...

Musiciens

Floor Jansen : chant
Tuomas Holopainen : claviers
Emppu Vuorinen : guitares
Marco Hietale : basse, chant
Jukka Nevalainen : batterie
Troy Donockley : uilleann pipes, flûtes irlandaises, chant

Titres

1.01. Dark Chest Of Wonders
1.02. Wish I Had An Angel
1.03. She Is My Sin
1.04. Ghost River
1.05. Ever Dream
1.06. Storytime
1.07. I Want My Tears Back
1.08. Nemo
1.09. Last Of The Wilds

2.01. Bless The Child
2.02. Romanticide
2.03. Amaranth
2.04. Ghost Love Score
2.05. Song Of Myself
2.06. Last Ride Of The Day
2.07. Outro: Imaginaerum



jeudi 21 mai 2020

Judy Dyble - Weavings Of A Silver Magic (2020)

Judy Dyble with the band of Perfect Strangers and the Ad Hoc Strings
Judy Dyble - Weavings Of A Silver Magic (2020)

Pourquoi écouter ce disque ?

"The legendary Judy Dyble!". C'est par ces mots qu'est introduite sur scène Judy Dyble lors de son concert donné le 10 septembre 2016 à l'église St Barnabas de Cambridge. Car oui, Judy Dyble est une véritable légende. Première chanteuse de Fairport Convention à la fin des années 60 ; aux origines de King Crimson à l'époque de Giles, Giles & Fripp ; fondatrice du duo Trader Horn avec Jackie  McAuley, une référence folk incontournable. Puis retour en grâce à la fin des années 2000 où, en moins d'une décennie, elle aligne trois albums solos essentiels, pour ne pas dire des chefs-d'œuvre, entre prog et folk : Talking With Strangers (2009), Flow And Change (2013) et Earth Is Sleeping (2018). Weavings Of A Silver Magic, son deuxième témoignage live, fait suite au Live At WM Jazz, enregistré en 2013 dans une chaleureuse salle londonienne. Cette fois-ci, la configuration est différente, plus solennelle. Entourée de ses fidèles Perfect Strangers, groupe informel qui l'accompagne depuis 2009, Judy a fait appel au Ad Hoc Strings comprenant deux violons, deux altos et un violoncelle. Les titres revisités sont essentiellement issus de Flow And Change, à l'exception de deux inédits, See What Your Words et Faded Elvis qui apparaîtront sur Earth Is Sleeping, ainsi que de I Talk To The Wind datant de l'époque pré-crimsonienne (Giles, Giles & Fripp). Au fil des chansons, Judy raconte en toute simplicité ses histoires attachantes où il est question d'enfance, de nostalgie, de solitude. Le flamboyant The Sisterhood Of Ruralists s'étirant sur plus de dix minutes, rend un hommage appuyé à quatre de ses amies artistes. Beaucoup d'émotion filtre à travers cette voix fragile, douce et délicate portée par d'enivrantes cordes ou un piano distingué. Pour autant, Judy n'est pas dénuée d'humour, ce qui lui permet de maintenir un équilibre et de ne pas sombrer dans le larmoyant. Devenue aujourd'hui une artiste culte et reconnue, comme en témoignent ses collaboration avec la nouvelle génération (Andy Lewis, Big Big Train), il est grand temps pour nous de remercier cette immense chanteuse à la sincérité rare, pour tout ce qu'elle a accompli, accomplit encore, et accomplira à nouveau. 

Musiciens 

Judy Dyble : chant

Alistair Murphy : guitare, piano
Jeremy Salmon : guitare
Phil Toms : claviers
Mark Fltetcher : basse
Rich Nolan : percussions
Steve Bingham : violon
Kate Clow : violon
Brenda Stweart : alto
Christina Connel : alto
Daniel Grace : violoncelle

Titres

01. Driftaway
02. Crowbaby
03. See What Your Words
04. Faded Elvis
05. Silence
06. Featherdancing
07. Wintersong
08. The Sisterhood Of Ruralists
09. I Talk To The Wind


mercredi 20 mai 2020

Curved Air - Air Conditioning (1970)

Curved Air Airconditioning
Curved Air - Air Conditioning (1970)

Pourquoi écouter ce disque ?

Si Renaissance peut s'enorgueillir d'avoir été le premier groupe de rock progressif à avoir accueilli en son sein une chanteuse, Jane Relf en l’occurrence, Curved Air, d'un an son cadet, fait encore plus fort. Sonja Kristina est l'unique voix de cette formation originale, combinant à sa musique psychédélico-progressive des éléments classiques, folks et électroniques. Autre différence, alors que Renaissance regardait du côté de Beethoven, Curved Air s'intéresse au génial Vivaldi, auteur des Quatre Saisons. Tout commence lorsque le violoniste Darryl Way et Francis Monkman (guitares, claviers), tous deux de formation classique, s'associent pour fonder Sisyphus. Le groupe devient Curved Air suite à l'arrivée de cette étrange chanteuse d'origine suédoise, Sonja Kristina. D'abord chanteuse folk dès l'âge de seize ans, elle participe ensuite à la fameuse comédie musicale Hair. Lorsqu'ils l’auditionnent, Way et Monkman sont subjugués par cette voix si spéciale, assez barrée, différente de ce que l'on entend à l'époque. A l'image de leur musique, elle se fait douce par moments, tourmentée, déchirée, voire violente sur d'autres. A sa sortie, Air Conditioning, leur premier album, bénéficie d'une campagne promotionnelle sans précédent. Il est édité sous la forme d'un picture disc, le premier de l'histoire du rock. Soutenu par Warner Bros, grosse compagnie américaine qui signe-là son tout premier groupe britannique, Curved Air s'en ira en tournée avec Black Sabbath, Jethro Tull, ELP ou encore Deep Purple. Comme Renaissance, Curved Air connaîtra une histoire des plus mouvementées, toujours en cours d'écriture de nos jours. 

Musiciens

Sonja Kristina : chant
Darryl Way : violon, chant
Francis Monkman : guitares, claviers
Robert Martin : basse
Florian Pilkington-Miksa : batterie

Titres

01. It Happened Today
02. Stretch
03. Screw
04. Blind Man
05. Vivaldi
06. Hide And Seek
07. Propositions
08. Rob One
09. Situations
10. Vivaldi (with Cannons)

mardi 19 mai 2020

Renaissance - Renaissance (1969)

Renaissance 1969 Jane Relf
Renaissance - Renaissance (1969)

Pourquoi écouter ce disque ?

Aux origines, ils étaient cinq. Cinq dont une femme, une première pour le mouvement progressif naissant. Tout commence en 1968 lorsque Keith Relf (chant, guitare) et Jim McCarty (batterie, chant) quittent les Yardbirds, groupe phare du rock britannique des années 60 qui a accueilli en son sein quelques-uns des plus brillants guitaristes de cette génération (Eric Clapton, Jeff Beck, Jimmy Page). Ensemble, ils forment Together, formation à orientation folk. Très vite, ils sont rejoints par deux musiciens expérimentés, le pianiste John Hawken et le bassiste Lou Cennamo. Sœur cadette de Keith, Jane vient compléter l'équipe qui choisit comme nom de scène Renaissance. Ainsi débute une longue et périlleuse aventure aux multiples rebonds qui se poursuit jusqu'à nos jours... sans aucun de ces protagonistes. Un premier album éponyme produit par Paul Samwell-Smith (ex-bassiste des Yardbirds) voit le jour fin 1969 sur Island, même label que Traffic et Jethro Tull. Encore expérimentale et malgré quelques maladresses, la musique de Renaissance, inédite jusque-là, tente de concilier rock et classique en y apportant une légère touche de folk. Le travail est tout simplement phénoménal doublé d'une réelle audace. Kings & Queen et Bullet, deux épiques dépassant les dix minutes, ouvrent et ferment respectivement l'album comprenant au total cinq titres, dont un single, Island, sur lequel se laisse découvrir la voix de Jane, encore peu assurée, mais dont la fragilité émeut. Cette dernière n'est pas chanteuse à la base, c'est une première pour elle. Elle apparaît également sur l'entraînant Wanderer, introduit gracieusement au clavecin par Hawken dont l'apport est considérable sur ce disque (tout comme celui de Cennamo). Les bases sont posées. A suivre...

Musiciens

Keith Relf : chant, guitare, harmonica
Jane Relf : percussions, chant
John Hawken : piano, clavecin
Louis Cennamo : basse 
Jim McCarty : batterie, chant

Titres

01. Kings & Queens 
02. Innocence
03. Island
04. Wanderer
05. Bullet

dimanche 17 mai 2020

Judy Collins & Jonas Fjeld - Winter Stories (2019)

Judy Collins Jonas Fjeld Chatham County Line Winter Stories
Judy Collins & Jonas Fjeld - Winter Stories (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Si Joan Baez et Joni Mitchell se font de plus en plus rares, Judy Collins, du haut de ses 80 ans et 60 années de carrière, n'a jamais été aussi inspirée. Ces derniers temps, elle multiplie les collaborations. On se souvient du succès inattendu de son duo avec l'artiste irlandais Ari Hest en 2016, ainsi que de Everybody Knows l'année suivante, réalisé avec l'ami de toujours, Stephen Stills. Pour son nouvel album Winter Stories aux couleurs hivernales, elle a fait appel à Jonas Fjeld, artiste folk norvégien, connu pour son travail avec Rick Danko de The Band. A ce duo inédit, s'est joint Chatham County Line, trio originaire de Caroline du Nord jouant du bluegrass. Navires en déroute, marins perdus, cœurs en peine, destins brisés et violentes intempéries sont les sujets centraux de ces onze chansons où se mêle, avec élégance, à la voix grave de Jonas, le chant toujours aussi limpide de Judy. Comme à son habitude, à côté des compositions inédites, elle propose de belles reprises de son propre répertoire (nostalgique Mountain Girl évoquant son enfance dans le Colorado, The Fallow Way, Angels In The Snow, The Blizzard, un classique du début des années 90) et d'autres artistes. Sa version du River de Joni Mitchell (album Blue, 1971) apporte de nouvelles nuances à ce monument folk jusque-là insoupçonnées. Northwest Passage de Stan Rogers et Highwayman de Jimmy Webb sont eux aussi revisités avec la même passion. Judy ajoute donc une nouvelle perle dorée à sa discographie déjà riche et abondante, à savourer à côté d'un feu ardent, lors d'une longue soirée enneigée. 

Musiciens

Judy Collins : chant, guitare
Jonas Fjeld : chant, guitare

Dave Wilson : chant, guitare
Greg Readling : basse, claviers, chant
John Teer : mandoline, violon, chant
Russell Walden : piano, chant
Chandler Holt : banjo
Bill Berg : batterie
Øystein Rudi : violon

Titres

01. Northwest Passage
02. Mountain Girl
03. Winter Stories
04. Bury Me With My Guitar On
05. River
06. Sweet Refrain
07. The Fallow Way
08. Angels In The Snow
09. Highwayman
10. Frozen North
11. The Blizzard