lundi 30 décembre 2019

Yvonne Lyon - These Small Rebellions (2013)

Yvonne Lyon These Small Rebellions
Yvonne Lyon - These Small Rebellions (2013)

Pourquoi écouter ce disque ?

Ancienne professeure de musique, Yvonne Lyon a commencé sa carrière musicale en 1997 avec le groupe Land, puis seule à partir de 2002. Pour These Small Rebellions, son sixième album, elle s'est à nouveau entourée de son époux, le mutli-instrumentiste David Lyon, du duo de producteurs Graeme Duffin  et Sandy Jones, ainsi que de l'artiste écossaise Raine Clarke à l'œuvre pour les pochettes depuis A Thousand Questions Why en 2007. Cette même année, nous l'avions découverte aux vocaux sur le sublime The Breaking Of The Dawn de Nick Fletcher et David Bainbridge de Iona. Ses nouvelles chansons sont un retour aux sources folk, moins rock, mais plus organiques. Avec ses invités, Emily Smith, Steph MacLeod, Andrew Howie ou Cara Luft, chanteuse canadienne joueuse de banjo, elle évoque tour à tour la joie, la contemplation, l'espoir, l'absence ainsi que la douleur. Cette dernière est au cœur du poignant Shipwrecked, dédié au jeune Caden Riley Beggan, emporté par la maladie à l'âge de six ans. L'enjoué Tell It Like It Is plus optimiste, The Girl On The Flying Trapeze et sa fausse légèreté ou encore The Beginning Of Eveything dont les paroles ont donné son titre à l'album, sont d'autres moments de partage entre une chanteuse gagnant en maturité et un public de plus en plus fidèle. 

Musiciens

Yvonne Lyon : chant, piano, guitares, percussions

Graeme Duffin : guitares, programmation, basse, chœurs
Sandy Jones : programmation, percussions, guitares, basse
David Lyon : piano, accordéon, guitares, claviers, chœurs
Andrew Howie : chant
Emily Smith : chœurs
Steph Macleod : chœurs
Cara Luft : chœurs, banjo
Kev McGuire : basse
Seonaid Aitken : violon
Craig Dunsmore : trombone, bugle, tuba
Jaimie Stables : trumpet, cornet, bugle
Christopher James Sheridan : harmonica

Titres

01. My Love And Me
02. Tell It Like It Is
03. The Girl On The Flying Trapeze
04. The Fury And The Sound
05. Shipwrecked
06. The Beginning Of Everything
07. The Boy With The Ocean In His Eyes
08. Home
09. Goodbye To Yesterday
10. Be With You

dimanche 29 décembre 2019

Noolysis - Corpus I (2019)

Noolysis Corpus I
Noolysis - Corpus I (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Noolysis ou la libération de l'Esprit en grec ancien. Fondé en 2017 par quatre jeunes musiciens prometteurs, ce groupe a pour ambition de porter un regard critique sur nos sociétés modernes à travers la relecture des textes classiques de la Grèce antique. Pour Corpus I, leur premier EP, ils se sont penchés sur Euripide en sélectionnant cinq extraits de ses tragédies (Les Bacchantes, Médée, Hercule Furieux, Hécube et Andromaque). Si Camille Lévy, la chanteuse, chante en grec ancien, son but n'est pas seulement de rester fidèle aux textes sources, c'est également d'intégrer les sonorités de cette langue rare au corpus musical. Ainsi, à l'instar d'Elizabeth Frazer des Cocteau Twins, sa voix devient un instrument à part, aussi important que la guitare électrique au subtil touché gilmourien de Louis-Anaël Attil, que la basse précise de Ye Eun, que la batterie redoutable de Félix Loizeau ou que sa propre harpe celtique. L'utilisation de cette dernière apporte une touche d'originalité supplémentaire, écho lointain à la lyre grecque antique. En cinq titres, Noolysis déploie son vaste univers musical hérité du math rock, entre rock expérimental et rock indépendant, puisant son inspiration tant dans le prog que le folk ou le jazz. Le résultat est tout simplement jubilatoire, on sent un réel potentiel qui ne demande qu'à s'affirmer. Cette première rencontre demeurera pour moi une de mes plus belles découvertes de cette année 2019. Vivement la suite !

Musiciens

Camille Lévy : chant, harpe électrique    
Louis-Anaël Attil : guitare électrique
Ye Eun : basse électrique
Félix Loizeau : batterie

Titres

01. Bacchaï
02. Deïlaïa
03. Megare
04. He Must Pay
05. Monoïsin

jeudi 26 décembre 2019

Dave Kilminster - ...And The Truth Will Set You Free... (2014)

Dave Kilminster And The Truth Will Set You Free
Dave Kilminster - ...And The Truth Will Set You Free...
(2014)

Pourquoi écouter ce disque ?

Dave Kilminster est un guitariste émérite qui a joué avec les plus grands de la scène progressive : John Wetton, Carl Palmer, Keith Emerson, Steven Wilson... et Roger Waters. C'est lui qui est en charge des parties de guitares de David Gilmour durant les méga-tournées de ce dernier. A une échelle plus "humaine", il a collaboré avec des artistes que nous aimons particulièrement sur ce blog, Anne-Marie Helder (The Contact) et Heather Findlay (Phoenix Suite, Heather Findlay Band, Mantra Vega). ...And The Truth Will Set You Free... fait suite à son album Scarlet sorti en 2007 (puis revisité en 2012). Il a été enregistré en réaction au gigantisme de la tournée The Wall Live de 2010-2013. Dave a convoqué ses deux amis du Keith Emerson Band, Pete Riley (batterie, percussions) et Phil Williams (basse). Ils se sont enfermés en studio pour jouer un rock brut, direct, juste accompagnés sur certains titres par The Larkin Quartet (entendu sur Skin de Panic Room). Ce retour aux sources s'inspire des premiers albums de Led Zeppelin et Queen. La musique est juste fracassante, la voix chaleureuse de Dave, légèrement éraillée, fait le reste. Et il est toujours agréable de penser au Floyd en écoutant une chanson inspirée comme Stardust...

Musiciens

Dave Kilminster : chant, guitares

Phil Williams : basse
Pete Riley : batterie

Titres

01. Messiah
02. Addict
03. Thieves
04. Circles
05. Save Me
06. Cassiopeia
07. The Fallen
08. Stardust

lundi 23 décembre 2019

Clay - Claysongs vol. I: Selva (2019)

Clay Selva
Clay - Claysongs vol. I: Selva (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Né de la rencontre entre Natalia Molinaro (chant, guitares) et Cyril Torrens (claviers, guitares), Clay se plaît à modeler les sons au gré de ses folies passagères. En 2010, ils livrent le bien nommé Argiles, premier EP, premier essai. Neuf ans après ils reviennent avec un album complet, Selva, aux influences hispano-américaines émergentes. Il faut dire que Natalia, née à Buenos Aires, est non seulement devenue docteure en études hispaniques, mais a aussi collaboré en 2014 avec la formation El Último Grito qui a pour ambition de faire revivre le flamenco... à travers la musique electro. Ses recherches universitaires lui ont permis de rencontrer le poète mapuche David Aniñr Guilitraro venu prêter sa voix sur Poewma, ode à ce "peuple de la terre" disséminé entre Chili et Argentine. D'autres invités sont venus apporté leur soutien au duo, dont les fidèles Bruno Cavilla (L'entonnoir, Le Clan des Robots) à la batterie, et le violoniste Florent Maton, tous deux déjà présents à l'époque d'Argiles. Avec Cantale, soutenu aux chœurs par Magdalena Ivanissevich, Clay se tourne du côté des chants traditionnels italiens aux influences bulgares et balkaniques. Autre voix, autre ambiance, french pop cette fois-ci avec l'artiste Dana Tuahta -Dagda sur un Secteur Imminent plutôt déjanté. Foyer multiculturel en fusion (à l'image du bouillonnant Blooming), Clay et sa musique expérimentale regardent autant du côté de Queen (Humo Y Cenizas enveloppé de l'air du Bohemian Rhapsody) que de Mylène Farmer (Aspartame). Souvent, avec le temps, l'inspiration tend à se dissiper. Collaborant ensemble depuis 1999, cette règle ne s'applique pas à notre duo, qui, bien au contraire se bonifie avec le temps. Alors ? A quand le volume deux des Claysongs ?

Musiciens

Natalia Molinaro : chant, guitares
Cyril Torrens : claviers, guitares

David Aniñir Guilitraro : chant
Magdalena Ivanissevich : chant
Dana Thuata-Dagda ; chant 
Florent Maton : violon
Bruno Cavilla : batterie

Titres

01. Humo Y Cenizas
02. Aspartame
03. Poewma
04. Límpiame
05. Cantale
06. Blooming
07. Song To Orion
08. Secteur Imminent
09. The Clay Core
10. Selva's Heart
11. Cells
12. La 220 (Para (El) Milagro)
13. Una Brisa

vendredi 20 décembre 2019

Renaissant - South Of Winter (2004)

Renaissance South Of Winter
Renaissant - South Of Winter (2004)

Pourquoi écouter ce disque ?

Personnage clé du Renaissance de la grande époque (1972-1979), Terence Sullivan revient dans la lumière avec son projet Renaissant et son magnifique South Of Winter. On l'aura compris, le batteur revendique une partie de l'héritage de Renaissance qui, en 2004, s'était remis en sommeil peu après la parution de l'admirable Tuscany (2001) auquel il avait participé. Davantage projet solo que véritable travail de groupe, South Of Winter est un album bicéphale réunissant les deux familles de Terence, celle de sang et celle de cœur. Prévue uniquement pour les démos à l'origine, Christine, sa femme, a développé un chant mystérieux qui interpelle, bien éloigné du lyrisme d'Annie Haslam. Au final, sa voix a été retenue, sauf sur deux titres Cold Flames et Careless chantés par Terence. A leurs côtés, se tiennent leurs deux fils, Lee (claviers, enregistrement, production, mixage) et Kristian (guitare), accompagnés du frère de Terence, Derrick à la basse. La plupart des textes sont signés Betty Newsinger (ex-Thatcher), parolière attitrée de Renaissance durant les années soixante-dix. John Tout au piano (brillant dès l'intro de Carry Me Home, mélancolique sur Burning Bridges) et Alex Caird à la basse sont deux autres éléments pivots de cette seconde famille qui inclut aussi bien les anciens de Renaissance que d'autres musiciens comme Martin Orford d'IQ (Dove), ou Steve et Jasmin Rodgers, enfants de Paul Rodgers (Free, Queen) de BOA. Sans atteindre les sommets de la période faste de Renaissance, ce South Of Winter qui en restitue parfaitement l'esprit, n'en demeure pas moins indispensable pour tout fan ou admirateur de ce groupe mythique.  

Musiciens

Terry Sullivan : batterie, percussions, claviers, guitare, chant
Christine Sullivan : chant
Lee Sullivan : claviers
Kristian Sullivan : guitare
Derrick Sullivan : basse
Alex Caird : basse
Steve Rodgers : guitare
John Tout : piano, claviers
Jasmine Rodgers : chœurs
Martin Orford : cordes, flûte

Titres

01. Carry Me Home 
02. Alone
03. Burning Bridges 
04. Cold Flames 
05. Dove 
06. Morning 
07. Careless 
08. The Sun Also Sets
09. South Of Winter

jeudi 19 décembre 2019

Nine Skies - Sweetheart Grips (2019)

9 Skies Sweetheart Grips
Nine Skies - Sweetheart Grips (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Nice, sa baie des Anges, sa socca et... Nine Skies. Basé dans le sud de la France, ce groupe prometteur réunit huit musiciens d'horizons divers, mais partageant la même passion pour la musique (pop, rock, prog, jazz, metal), doublée d'une solide amitié. En 2017, ils ont sorti un premier album Return Home largement salué par la critique. Avec Sweetheart Grips, son successeur, ils signent là leur The Wall. Certes, la comparaison peur paraître poussée, mais elle n'est pas sans fondement. A l'image de son illustre modèle, Sweetheart Grips possède les mêmes dramaturgie et intensité qui habitent d'autres œuvres du même calibre que sont Brave de Marillion ou Posthumous Silence de Sylvan. Conçu comme un concept album, ce disque explore la psyché d'un jeune soldat affecté par les troubles de stress post-traumatique dus à la guerre, celle-ci provoquant autant, voire plus, de blessures psychiques que physiques. Trois voix nous accompagnent tout au long de ce périple cataclysmique, dont une féminine. Nouvelle recrue, Aliénor Favier irradie littéralement tant Burn My Brain que Fields Of Perdition ou Soldiers Of Shame, avec son style percutant, aiguisé auprès de son ancien groupe de metal DXS. Eric Bouillette, cofondateur de Nine Skies, également guitariste et violoniste, lui fait écho ainsi que Riccardo Romano du Steve Rothery Band, sur le vibrant morceau titre Sweetheart Grips. Pour l'anecdote, les "sweetheart grips" étaient les photos de famille ou de jolies filles qui ornaient les crosses des pistolets des soldats américains durant la Seconde Guerre mondiale. Outre Riccardo, Nine Skies a convié quelques grands noms de la scène progressive internationale parmi lesquels le talentueux batteur Craig Blundell (Steven Wilson, Pendragon, Lonely Robot), le maître des claviers Clive Nolan (Pendragon, Arena, Caamora), ou le guitariste virtuose Dave Foster (Mr. So & So, Panic Room, Steve Rothery Band). Mais rien n'aurait été possible sans l'essence même du groupe : Eric, Aliénor, David Darnaud (guitares), Alexandre Lamia (guitares, claviers), Anne-Claire Rallo (claviers), Bernard Hery (basse), Fabien Galia (batterie) et Laurent Benhamou (saxophone). Album événement de cette année 2019, on ne sort pas indemne de l'écoute de ce Sweetheart Grips majestueux et torturé, dont le bénéfice des ventes sera directement versé à une association d'aide à la prévention des suicides.   

Musiciens

Aliénor Favier : chant
Eric Bouillette : guitares, violon, chant
David Darnaud : guitares
Alexandre Lamia : guitares, claviers
Anne-Claire Rallo : claviers
Bernard Hery : basse
Fabien Galia : batterie
Laurent Benhamou : saxophone

Ricccardo Romano : chant
Dave Foster : guitares
Johnny Marter : guitares
Clive Nolan : claviers
Pat Sanders : claviers
Craig Blundell : batterie

Titres

1.01. Vestige
1.02. Burn My Brain
1.03. Catharsis (Part II)
1.04. The Thought Trader
1.05. Alone (Sweetheart Grips Intro)
1.06. Sweetheart Grips

2.01. Somewhere Inside Mankind
2.02. Fields Of Perdition
2.03. Tyrant Or Nothing
2.04. Soldiers Of Shame
2.05. Flowers Of Pain
2.06. Isolation



lundi 16 décembre 2019

Panic Room - Essence (2015)

Panic Room Essence
Panic Room - Essence (2015)

Pourquoi écouter ce disque ?

Pour le lancement d'Incarnate, Panic Room avait offert à ses fans, le temps d'une soirée, un set acoustique dans une ancienne église convertie en salle de concert. Devant leur réaction enthousiaste, est née l'idée d'Essence, album semi-acoustique revisitant d'anciennes chansons du groupe. Dans l'idée de les impliquer encore plus dans sa conception, une campagne Kickstarter a été lancée auprès d'eux afin de récolter les fonds nécessaires à sa réalisation. A l'exception d'Incarnate encore trop "frais" dans l'esprit du groupe, chacun des trois précédents albums, Visionary Position, Satellite et Skin, s'est vu représenté par trois chansons. Deux inédits (Rain & Tears & Burgundy et Denial) sont également proposés ainsi que 5th Amendement à l'origine sur l'EP Little Satellite. Comme l'indique le titre, le but avoué était de retrouver l'essence même de chaque morceau, en y apportant de nouveaux arrangements. Le résultat de cet investissement artistique et humain est tout simplement somptueux. Entourée de musiciens en totale osmose, Anne-Marie Helder chante comme une déesse. Panic Room retrouve une force qui avait été mise à mal suite au départ de son guitariste fondateur Paul Davies. Dave Foster du Steve Rothery Band et de Mr So & So le remplace désormais et apporte ainsi une nouvelle stabilité. Cette complicité retrouvée s'entend, chacun des musiciens trouve du plaisir dans ce projet où Promises est transcendé, Song For Tomorrow joué sur un air de bossa nova, Apocalypstick aux effluves orientales ensorcelle, et Firefly se trouve illuminé par le piano étincelant de Jonathan Edwards. 

Musiciens

Anne-Marie Helder : chant, guitare acoustique, flûte
Jonathan Edwards : claviers
Dave Foster : guitares
Yatim Halimi : basse, chant
Gavin John Griffiths : batterie, percussions

Titres

01. Promises 
02. I Am A Cat 
03. Song For Tomorrow 
04. Rain & Tears & Burgundy
05. Apocalypstick
06. 5th Amendment
07. Screens
08. Moon On The Water 
09. Denial 
10. Black Noise 
11. Firefly
12. Satellite 

dimanche 15 décembre 2019

Magenta & Friends - Acapela 2016 & 2017 (2019)

Magenta Acapela
Magenta & Friends - Acapela 2016 & 2017 (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Dans la lignée du concert semi-acoustique donné aux studios Real World en 2009, Magenta propose depuis 2016 un rendez-vous annuel à Acapela, ancienne chapelle galloise à l'acoustique rare transformée en studio d'enregistrement et salle de spectacle. L’exiguïté de cet endroit magique engendre une intimité des plus chaleureuse entre le public et les artistes sur scène. C'est cette atmosphère si particulière qui a de suite séduit le groupe pour son projet. A lieu exceptionnel, concert exceptionnel. Durant les sessions 2016 et 2017, Magenta a non seulement interprété quelques raretés de son répertoire (Sunshine Saviour, King Of The Skies, Call Me, Red, Devil At The Crossroads), ou revisité en profondeur quelques classiques (Speechless, Envy, Greed, Pearl, The Lizard King), mais a avant tout offert à chacun de ses membres l'occasion de jouer live des morceaux de leur travail en solo. Guitariste hors pair, Chris Fry ouvre le set de 2016 avec trois morceaux de son album Composed. Radieuse comme une déesse, Christina propose à son tour trois des plus beaux titres de son deuxième album en solo The Light, la chanson titre, l'émouvant Disappeared en hommage à sa mère, et Legend In The Making. L'année suivante, The Same Old Road ainsi que The Way Back To My Heart et Deep Oceans, tous deux tirés de Broken Lines & Bleeding Hearts, seront à l'honneur. Rob Reed prend la suite avec deux instrumentaux avant de revisiter trois chansons de son méga projet parallèle Kompendium où toute une pléiade d'intervenants s'était illustrée. Que ce soit en 2016 ou 2017, Reed et sa bande se sont aussi entourés d'invités prestigieux, parmi lesquels Angharad Brinn à la voix angélique, Peter Jones (Tiger Moth Tales, Camel), Nigel Hopkins, Steff Rhys Williams ou encore Fran Murphy, sœur de Christina, aux chœurs. Ce splendide coffret (2 DVD + 2 CD) présente ces deux cérémonies sans artifices, sur lesquelles règne une belle complicité doublée d'une bonne humeur générale avec, en interlude, quelques moments d'émotion pure (Envy).

Musiciens

Christina Booth : chant
Rob Reed : claviers, guitares
Chris Frye : guitares, chant
Dan Nelson : basse
Jiffy Griffiths : batterie
Steve Roberts : batterie

Angharad Brinn : chant
Steff Rhys Williams : chant
Nigel Hopkins : piano
Peter Jones : claviers
Karla Powell : hautbois
Claudine Cassidy : violoncelle
Fran Murphy : chant

Titres

Acapela 2016

1.01. Chris Fry : Secret Garden
1.02. Chris Fry : Estrellita
1.03. Chris Fry : Diablo 21
1.04. Christina : The Light
1.05. Christina : Disappeared
1.06. Christina : Legend In The Making
1.07. Rob Reed : Sanctuary Jig
1.08. Rob Reed : Sanctuary II Ending
1.09. Kompendium : Mercy Of The Sea
1.10. Kompendium : One Last Step
1.11. Kompendium : Beneath The Waves
1.12. Magenta : Gluttony
1.13. Magenta : RAW
1.14. Magenta : Pearl
1.15. Magenta : Devil At The Crossoroads
1.16. Magenta : Red
1.17. Magenta : The Lizard King
1.18. Magenta : Sunshine Saviour
1.19. Magenta : King Of The Skies

Acapela 2017

2.01. Christina : The Way Back To My Heart
2.02. Christina : The Same Old Road
2.03. Christina : Deep Waters
2.04. Rob Reed : Rio Grande
2.05. Rob Reed : Albertross
2.06. Rob Reed : Willow's Song
2.07. Magenta : Gluttony
2.08. Magenta : Envy
2.09. Magenta : Colours
2.10. Magenta : Call Me
2.11. Magenta : Greed
2.12. Magenta : Prekestolen
2.13. Magenta : Speechless
2.14. Magenta : The Lizard King

vendredi 13 décembre 2019

Kim Seviour - Recovery Is Learning (2017)

Kim Seviour Recovery Is Learning
Kim Seviour - Recovery Is Learning (2017)

Pourquoi écouter ce disque ?

Lorsqu'en 2015, Kim Seviour quitte Touchstone à la surprise générale, elle ne renonce pas pour autant à la musique. Atteinte d'une maladie rare, le syndrome de fatigue chronique, elle a jugé plus aisé de se gérer seule plutôt qu'avec un groupe, aussi talentueux et amical soit-il. L'année suivante, elle devient le tout premier artiste à signer sur le nouveau label de John Mitchell, White Star Records. Guitariste émérite d'Arena et coproducteur des albums de Touchstone, ce dernier n'a jamais caché son souhait de réaliser un disque entier avec celle qu'il considère comme la plus belle voix féminine du rock progressif actuel. Après un premier single surprenant Fantasise To Realise aux sonorités dance, retour à un son plus brut, plus rock avec ce Recovery Is Learning. A travers chacune des neuf chansons, le duo Seviour/Mitchell a cherché à valoriser les différentes capacités et couleurs vocales de la chanteuse. Le résultat est inouï, Kim se révèle pleinement en atteignant les mêmes sommets que ses aînées Heather Findlay, Christina Booth et Anne-Marie Helder. Mother Wisdom, Where She Sleeps, ou encore la chanson titre Recovery Is Learning émerveillent par les sentiments qui s'en dégagent grâce à ce chant profondément humain, touchant. Dans ces fresques évoquant la quête de soi, John joue de tous les instruments, à l'exception de la batterie tenue par Graham Brown, membre de Cairo, tout nouveau groupe fondé par Rob Cottingham, son ancien acolyte de chez Touchstone, ainsi que du piano sur Fabergé, délicate pièce gorgée d'émotion, joué par Liam Holmes, nouveau claviériste de... Touchstone. Divisée désormais en trois branches, la grande famille Touchstone n'a pas fini de nous étonner. 

Musiciens

Kim Seviour : chant

John Mitchell : instruments
Graham Brown : batterie
Liam Holmes : piano

Titres

01. Chiasma
02. Call To Action
03. Connect
04. Fabergé
05. Mother Wisdom
06. The Dive
07. Where She Sleeps
08. Recovery Is Learning
09. Morning Of The Soul

lundi 9 décembre 2019

Cairo - Say (2016)

Cairo Say
Cairo - Say (2016)

Pourquoi écouter ce disque ?

Le parallèle entre Touchstone et Cairo est troublant. Et pour cause, le claviériste-chanteur Rob Cottingham a quitté le premier pour fonder le second. Il s'est entouré de trois talentueux musiciens (James Hards, guitares - Paul Stocker, basse - Graham Brown, batterie) et de Rachel Hall au chant. La voix de cette dernière n'est pas sans évoquer celle de Kim Seviour sur certains passages comme Random Acts Of Kindness Part 1. Malgré un travail honorable, Rachel quittera le groupe pour raisons de santé à peine l'album sorti. Lisa Driscoll puis Sarah Bayley, arrivée dernièrement, lui succéderont. Si on retrouve avec plaisir les mêmes ressorts qui nous avaient séduits chez Touchstone, à savoir l'énergie déployée, une touche métallique subtile ainsi que de délicieuses harmonies vocales féminines et masculines, certains titres comme Shadow's Return, Say ou Dancing The Gossamer Thread évoquent davantage Captain Blue, somptueux concept-album de Rob en solo paru en 2013 et sur lequel avaient participé Heather Findlay, Steve Hackett et Gary O'Toole. Entièrement écrit par Rob, Say bénéficie d'une production luxueuse partagée entre ce dernier et le grand John Mitchell, guitariste d'Arena, de It Bites et producteur de... Touchstone. Belle réussite donc que ce disque aux ambiances sombres, complexes et mystérieuses. 

Musiciens

Rachel Hill : chant
Rob Cottingham : chant, claviers, programation
James Hards : guitares
Paul Stocker : basse, guitare acoustique
Graham Brown : batterie, percussions

Titres

01. Cairo
02. Shadow's Return Prologue
03. Shadow's Return
04. Wiped Out
05. Say
06. Nothing To Prove
07. Nothing To Prove Reprise
08. Katrina
09. Searching
10. Random Acts Of Kindness Part 1
11. Back From The Wilderness
12. Dancing The Gossamer Thread
13. Katrina (Breathe Mix)

dimanche 8 décembre 2019

Touchstone - Lights From The Sky (2016)

Touchstone Lights From The Sky
Touchstone - Lights From The Sky (2016)

Pourquoi écouter ce disque ?

Après les départs successifs de sa chanteuse Kim Seviour et de son membre fondateur Rob Cottingham, l'avenir de Touchstone semblait guère assuré. C'était sans compter sur la détermination d'Adam Hodgson, de Moo et d'Henry Rogers à continuer l'aventure. Avec ce nouvel EP Lights From The Sky, à nouveau coproduit, mixé et enregistré par John Mitchell, ils affichent un retour serein, inscrit dans la continuité. En provenance de Pologne, Aggie Fikurska devient officiellement la troisième chanteuse du groupe, succédant ainsi à Liz Clayden puis Kim Seviour. A l'instar d'Hayley Griffiths, à la même époque chanteuse de Karnataka, elle vient de la comédie musicale. Sa voix séduit d'entrée par sa prestance et son charisme. Le claviériste Liam Holmes a joué avec Inglorious et collabore régulièrement au projet Lonely Robot de Mitchell. Les trois titres de cet EP proposent un prog toujours aussi dynamique, à la frontière du metal, où chaque musicien est mis en valeur. La quatrième piste, plus originale dans sa démarche, est une reprise de la chanson titre en polonais. Un vrai régal illuminant sous un autre angle la version d'origine. Pourtant, fin 2017, Touchstone annoncera sa séparation avec Aggie, tandis que Rogers rejoindra Mostly Autumn après avoir accompagné Heather Findlay. Malgré une histoire mouvementée, Touchstone n'a pas encore tiré sa révérence... 

Musiciens

Aggie : chant
Moo : basse, chœurs
Adam Hodgson : guitares, claviers
Liam Holmes : claviers
Henry Rogers : batterie      

Titres

01. Lights From the Sky
02. Fear 
03. Tangled Lines
04. Lights From the Sky (Polish Version) 

vendredi 6 décembre 2019

Joshua Burnell - Satellites (2019)

Joshua Burnell Satellites
Joshua Burnell - Satellites (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Satellites se présente comme une parenthèse dans la discographie de Joshua Burnell. Le jeune musicien a revisité une partie de son répertoire pour proposer une sélection de treize titres uniquement interprétés au piano. Si le but avoué de cet album est d'aider au financement de sa prochaine production, cet exercice n'en demeure pas moins fort excitant. En effet, par ce biais, l'artiste offre une autre vision de son univers musical lumineux, à la croisée des chemins prog et folk. Ainsi, The Enchanted Wood ou Smuggler's Tale, tous deux issus de Into The Green (2016) prennent une toute nouvelle dimension, bien plus pertinente. Autres points forts, les passages inédits et autres raretés composées au cours de sa carrière. Curtain Call, Condor Keep ou bien Spira, Spera en sont de parfaits exemples. La référence à Victor Hugo pour ce dernier s'est imposée d'elle-même, ce morceau a été enregistré au même moment que le tragique incendie de Notre-Dame de Paris. Si Joshua n'a jamais caché son admiration pour les mondes féeriques de Tolkien ainsi que pour les mythes folkloriques anglo-saxons, la France, à travers sa culture et ses paysages, lui a aussi beaucoup apporté. Né à Annecy, il a passé une partie de son enfance dans notre pays. Personnage attachant à la démarche artistique sincère, Burnell ne cesse de surprendre dans chacun de ses projets, ce qui le rend si singulier. A suivre de très très près. 

Musiciens

Joshua Burnell : piano

Titres

01. The Enchanted Wood
02. Spira, Spera
03. Skylark And The Oak
04. Cold, Haily, Windy Night
05. Powehi
06. Dance Of The Pixies
07. Smuggler's Tale
08. Erlking
09. High Germany
10. Condor Keep
11. Miracle Trees
12. Roads Go Ever On
13. Curtain Call

Et puis on ne s'en lasse pas :

lundi 2 décembre 2019

Clay - Argiles (2010)

Clay Argiles
Clay - Argiles (2010)

Pourquoi écouter ce disque ?

Clay est une belle curiosité made in France. Apparue en 2008, cette formation atypique aux sons irréels, est née de la rencontre entre Natalia Molinaro et Cyril Torrens. Tous deux sont des passionnés de musique, quelle qu'elle soit. Née en Argentine, Natalia a grandi à Montmartre, entourée de deux parents musiciens et enseignants, qui l'initient très jeune à cet art. Elle apprend d'abord la guitare, puis le violon et écrit ses premières chansons dès l'âge de quatorze ans. La danse et la culture sud-américaine sont ses autres passions. Cyril est venu à la musique par le jazz. Son parcours le conduira vers le rock, puis l'electro. Sorti en 2010, Argiles, entièrement autoproduit, est une première tentative dans cette volonté de modeler les sons, de leur donner vie. Accompagnés du batteur Bruno Cavilla et de Florent Maton au violon, ils distillent leurs influences, celles déjà citées, mais aussi en provenance de la pop, du classique, des musiques du monde et de la chanson française. Cette fusion inédite, expérimentale par certains aspects, a donné naissance à sept morceaux colorés, chantés principalement en anglais, mais aussi en français (La Source où la fragilité du chant ainsi que les arrangements obscurs évoquent tant Françoise Hardy que Mylène Farmer) et en espagnol (succulent Revelación, mon titre favori avec l'intense Tears). Première étape sur un sentier sinueux, la suite n'en sera que meilleure. A suivre...

Musiciens

Natalia Molinaro : chant, guitares 
Cyril Torrens : claviers, guitares

Bruno Cavilla : batterie
Florent Maton : violon

Titres

01. Breathe & Say
02. La Source
03. Revelación
04. Love
05. Tears
06. Because
07. Health Glory

dimanche 1 décembre 2019

Judy Collins - Christmas With Judy Collins (2013)

Christmas With Judy Collins
Judy Collins - Christmas With Judy Collins (2013)

Pourquoi écouter ce disque ?

Du haut de sa carrière impressionnante, Judy Collins chante la magie de Noël, en toute simplicité. Christmas With Judy Collins n'est pas à proprement parlé un album inédit. Il s'agit en fait de la réédition de All On A Wintry Night sorti en 2000 auquel ont été ajoutés en ouverture son nouveau single aux couleurs country Angels In The Snow, ainsi qu'une vibrante version a cappella de l'hymne Amazing Grace en fermeture. Entre, la chanteuse américaine interprète quatorze airs célébrant comme il se doit l'esprit de Noël, synonyme de paix, d'amour et de joie. Sa voix merveilleuse redonne vie à ces classiques intemporels que sont Joy To The World, Good King Wenceslass, Let It Snow! Let It Snow! Let It Snow! ou encore Silent Night. Ce dernier ainsi que Come Rejoice et d'autres bénéficient de la présence du chœur d'enfants St. Thomas Boys Choir, apportant ainsi une dimension toute féerique. Seule au piano, Judy se remémore une étrange tempête de neige survenue dans le Colorado à travers The Blizzard. Sur l'incontournable In The Bleak Mid Winter, elle a invité son amie l'actrice Tyne Daly (les plus anciens d'entre nous se souviendront d'elle dans le rôle de l'inspectrice Mary Beth Lacey de la série Cagney & Lacey) à partager ce moment intense. Toujours aussi impliquée dans les drames de notre monde contemporain, elle chante à nouveau la paix dans Song For Sarajevo (I Dream Of Peace), en lien avec sa lutte contre les mines antipersonnel. Christmas With Judy Collins n'est pas un simple album de Noël, c'est avant tout une invitation au rêve, à la fois chaleureuse et mélancolique. 

Musiciens

Judy Collins : chant, piano, claviers

Tyne Daly : chant
Jonas Fjeld : chant
Cato Kristiansen : chant
Joseph Joubert : claviers
Russell Walden : claviers
Steve Skinner : claviers
Ned Rorem : piano

St. Thomas Boys Choir dirigé par Dr. Gerre Hancock
The Cathedral Choir of St. John the Divine dirigé par Johnson Flucker

Titres

01. Angels In The Snow
02. I'll Be Home For Christmas
03. Come Rejoice
04. Away In A Manger
05. Joy To The World
06. In The Bleak Mid Winter
07. Song For Sarajevo (I Dream Of Peace)
08. Good King Wenceslas
09. All On A Wintry Night
10. Let It Snow! Let It Snow! Let It Snow!
11. Silent Night
12. A Christmas Carol
13. Cherry Tree Carol
14. The Blizzard
15. The Wexford Carol
16. Amazing Grace

vendredi 29 novembre 2019

Kate Bush - The Kick Inside (1978)

Kate Bush The Kick Inside
Kate Bush - The Kick Inside (1978)

Pourquoi écouter ce disque ?

Le 17 février 1978, une bombe est lancée. Elle bouleversera à tout jamais l'histoire du rock au féminin. Son nom ? Kate Bush. The Kick Inside est son premier album. Alors que le monde de la musique se partage alors entre punk et disco, cette jeune fille d'à peine dix-neuf ans va créer l’événement en proposant une offre musicale hors norme, jamais entendu jusqu'alors. Le parcours menant à la parution de ce premier disque a été très long. Il est d'ailleurs fort probable que sans l'appui soutenu de David Gilmour, guitariste légendaire de Pink Floyd, rencontré en 1973, rien n'aurait été possible. Les maisons de disque considéraient les premières maquettes comme étant anti-commerciales, ennuyeuses et morbides. EMI finit par céder mais là encore, trois ans de travail ont été nécessaire. Puis, une nouvelle discorde se fait jour sur le choix du single. James And The Cold Gun est sélectionné, mais Kate tient absolument que ce soit Wuthering Heights au texte inspiré du célèbre roman d'Emily Brontë, Les Hauts De Hurlevent. Bien lui a pris de ne rien céder, le titre remporte un succès immédiat en se classant n°1 en Grande-Bretagne. Avec sa voix mi-enfantine, mi-innocente, la chanteuse aborde des thèmes aussi délicats que l'inceste (Wuthering Heights), l'érotisme (Feel It) ou le rejet social (The Kick Inside). Elle dépeint à travers ses mots une société anglaise contrastée, peuplée de fantômes hantant les landes infinies et les vieux manoirs, en quête de mysticisme. Impossible de ne pas vibrer à l'écoute de ces classiques que sont devenus The Saxophone Song et The Man With The Child In His Eyes tous deux écrits en 1972, à l'âge de quatorze ans. Toujours aussi incandescent, ce premier opus n'a pas pris une ride plus de quarante ans après. 

Musiciens

Kate Bush : chant, piano

Ian Bairnson : guitares, chœurs
Paul Keogh : guitares
Alan Parker : guitares
Andrew Powell : claviers, basse
Duncan Mackay : claviers
Alan Skidmore : saxophone
David Paton : basse, guitares, chœurs
Bruce Lynch : basse
Stuart Elliot : batterie, percussions
Barry de Souza : batterie
Morris Pert : percussions
Paddy Bush : harmonica, mandoline, chœurs

Titres

1. Moving 
2. The Saxophone Song 
3. Strange Phenomena
4. Kite 
5. The Man With The Child In His Eyes
6. Wuthering Heights 
7. James And The Cold Gun 
8. Feel It
9. Oh To Be In Love
10. L'Amour Looks Like Something Like You 
11. Them Heavy People 
12. Room For The Life
13. The Kick Inside

lundi 25 novembre 2019

Julee Cruise - Floating Into The Night (1989)

Julee Cruise Floating Into The Night
Julee Cruise - Floating Into The Night (1989)

Pourquoi écouter ce disque ?

Devant l'éternité, la voix éthérée de Julee Cruise et la série culte Twin Peaks sont liées. Tout commence en 1985, lorsque le compositeur Angelo Badalamenti propose cette jeune chanteuse américaine à David Lynch pour la bande originale de son film Blue Velvet. Elle interprète alors Mysteries Of Love, titre que l'on retrouvera sur son premier album Floating Into The Night, en 1989. Les dix chansons de ce disque, aux paroles écrites par Lynch et à la musique signée Badalamenti, serviront toutes aux projets de Lynch, surtout à cette série événement qui marqua les esprits à l'aube des années 90, Twin Peaks. Ambiance mystérieuse, temps suspendu, mélancolie énigmatique sont au rendez-vous. Quel plaisir de se (re)plonger après toutes ces années dans cet univers inquiétant, de se remémorer ce thème hypnotique à travers Falling, premier single extrait à l'époque de l'album et dont la musique servit de générique. Le chant aérien de Julee, évoquant tant celui de Nico (I Remember) que d'Elizabeth Fraser des Cocteau Twins, se transforme de lui-même en une invitation au rêve. Archétype de la dream pop doublé d'une touche jazzy, Floating Into The Night n'a rien perdu de sa splendeur d'antan, bien au contraire.

Musiciens

Julee Cruise : chant

Kinny Landrum : claviers
Angelo Badalamenti : claviers
Eddie Dixon : guitares
Vinnie Bell : guitares
Al Regni: saxophone, clarinette

Titres

01. Floating
02. Falling
03. I Remember
04. Rockin' Back Inside My Heart
05. Mysteries of Love
06. Into the Night
07. I Float Alone
08. The Nightingale
09. The Swan
10. The World Spins

dimanche 24 novembre 2019

Dave Bainbridge - The Remembering (2016)

Dave Bainbridge The Remembering
Dave Bainbridge - The Remembering (2016)

Pourquoi écouter ce disque ?

The Remembering est une parenthèse inattendue dans la carrière de Dave Bainbridge, multi-instrumentiste talentueux et leader de la formation celtique-prog Iona. Pas de guitares électriques ici, ni de synthétiseurs ou d'instruments celtiques, les douze pistes intimistes de cet album sont entièrement interprétées au piano, à l'exception du morceau-titre sur lequel se laisse deviner le chant sibyllin de Sally Minnear. Influencé pas les impressionnistes français comme Debussy, Ravel ou Eric Satie, l'ambition de Dave était de capter une émotion furtive, un moment fugace, à travers chacune de ses improvisations ou réinvention d'un air déjà existant. En parallèle, lui si discret, se dévoile un peu plus. Tout a commencé à l'âge de huit ans, lorsqu'il a débuté ses premières leçons de piano. Quatre ans après, c'est une révélation en découvrant Keith Jarrett et ses improvisations hallucinantes sur scène (nous sommes dans la première moitié des années 70). Il faut attendre par la suite 1995 pour que germe en lui, pour la toute première fois, l'idée de réaliser un tel album, idée suggérée par le bassiste de Iona, Tim Harries, également membre de Steeleye Span. Le moment idéal arrive vingt ans après, alors que Iona est en sommeil provisoirement, puis définitivement. Dave s'était auparavant beaucoup investi dans Celestial Fire, un album splendide, mais très ambitieux. Il éprouve alors le besoin de se retrouver dans un projet plus léger, encore plus personnel. Divisée en six parties, la longue suite Collendoorn Suite a été imaginée une nuit, derrière le piano situé dans le studio de son ami Frank van Essen, aux Pays-Bas, à l'époque où ils travaillaient ensembles sur l'album Father de la chanteuse sud-africaine Lauren Bonsink. L'ombre de Iona n'est pas bien loin puisque Like A World, Behind The Song est une improvisation datant de l'époque Another Realm, tandis que la mélodie de A View Of The Islands, signée de son ancienne épouse Debbie, avait été déjà utilisée sur certains passages de Beyond These Shores. Composé par sa complice de toujours et chanteuse de Iona Joanne Hogg, A Prayer For Beachy Head porte en lui un message d'espérance. The Remembering dévoile une facette jusqu'alors cachée d'un artiste attachant, peu connu du public prog, malgré sa participation à de multiples projets comme Lifesigns ou The Strawbs actuellement. 

Musiciens

Dave Bainbridge : piano

Sally Minnear : chant

Titres

01. Collendorn Suite Part 1 
02. Collendorn Suite Part 2
03. Collendorn Suite Part 3
04. Collendorn Suite Part 4 
05. Collendorn Suite Part 5 (Song For Jack) 
06. Collendorn Suite Part 6
07. Incarnation
08. The Remembering 
09. Song For Bill (
10. Like A World, Behind The Song 
11. A View Of The Islands
12. A Prayer For Beachy Head

vendredi 22 novembre 2019

Loreena McKennitt - Lost Souls (2018)

Loreena McKennitt Lost Souls
Loreena McKennitt - Lost Souls (2018)

Pourquoi écouter ce disque ?

Loreena McKennitt, un nom devenu culte au fil des ans, évoquant une sensation rare de sérénité, de douceur et d'évasion. Chacun de ses albums est un événement, Lost Souls sorti en 2018 n'échappe pas à cette règle. Son originalité réside dans cette collection de neufs nouvelles chansons, toutes aussi merveilleuses les unes que les autres, écrites à différentes époques. Ainsi, The Ballad Of The Fox Hunter, aux paroles extraites d'un poème de William Butler Yeates, date du début des années 80, lorsqu'elle n'était pas encore connue, ni reconnue. Le mystique Spanish Guitars And Night Plazas aux couleurs méditerranéennes ainsi que A Hundred Wishes ont toutes deux étaient composées à l'époque de The Visit, aux alentours des années 90. Plus proche de nous, La Belle Dame Sans Merci, aux paroles cette fois-ci signées du poète romantique John Keats, est contemporaine de l'album An Ancient Muse. L'interconnexion de l'humanité avec la Nature est une thématique récurrente de ce disque, que ce soit dans l'intense Ages Past, Ages Hence, Sun, Moon And Stars à la mélodie empruntée au folklore moldave, ou encore le déjà cité The Ballad Of The Fox Hunter qui s'intéresse au lien si particulier entre le chien et l'Homme. C'est après avoir visité le Mémorial canadien de Vimy, situé dans le Nord de la France, que Loreena a eu l'idée de composé l'émouvant Breaking Of The Sword, en hommage aux soldats canadiens morts durant la Première guerre mondiale. Sur ce morceau, elle est accompagnée par les chœurs solennel du Stratford Concert Choir ainsi que du Canadian Forces Central Band. Ses complices de toujours, Caroline Lavelle, Brian Hughes ou encore Hugh Marsh se tiennent à nouveau à ces côtés. Ils accueillent une nouvelle venue dans l'équipe, la joueuse de nyckelharpa Ana Alcaide présente sur deux titres, Ages Past, Ages Hence et l'instrumental Max Ayre. Loreena McKennitt, ce n'est pas seulement une voix angélique hors du temps, c'est aussi un univers musical tout entier fait de merveilles.

Musiciens

Loreena McKennitt : Chant, harpe, claviers, piano, accordéon

Brian Hughes : guitares, bouzouki, synthétiseurs
Daniel Casares : guitare flamenco
Caroline Lavelle : violoncelle, concertina, flûte à bec
Hugh Marsh : violon
Ana Alcaide : nvyckelharpa
Nigel Eaton : vielle à roue
Sokratis Sinopoulos : lyre
Panos Dimitrakopoulos : kanoun
Haig Yazdjian : oud
Ian Harper : cornemuse
Michael White : trompette
Dudley Phillips : basse
Robert Brian : batterie, percussions
Tal Bergman : batterie, percussions
Hossam Ramzy : percussions 
Rick Lazar : percussions
Graham Hargrove : percussions

Canadian Forces Central Band sous la Direction du Capitaine John D. Fullerton
Stratford Concert Choir : Chœurs sous la Direction de Ian Sadler

Titres

01. Spanish Guitars And Night Plazas
02. A Hundred Wishes
03. Ages Past, Ages Hence
04. The Ballad Of The Fox Hunter
05. Manx Ayre
06. La Belle Dame Sans Merci
07. Sun, Moon And Stars
08. Breaking Of The Sword
09. Lost Souls

jeudi 21 novembre 2019

Hamferð - Evst (2013)

Hamferd Evst
Hamferð - Evst (2013)

Pourquoi écouter ce disque ?

En féroïen, le terme "hamferð" est synonyme de mauvais présage, il désigne l'apparition spectrale d'une personne menacée de mort devant ses proches. C'est ce nom qu'ont choisi en 2008 le guitariste John Egholm et le batteur Remi Johannesen, tous deux originaires des îles Féroé. Devenu sextet par la suite, le groupe propose un doom metal intense et narratif, influencé par le folklore local et la nature environnante. Evst, leur premier album, s'inscrit dans cette démarche, avec comme principal axe d'approche la mer ainsi que les interminables hivers froids de ces régions nordiques. Ce qui frappe dès la première écoute, c'est le chant majestueux (en féroïen) du chanteur Jón Aldará, apocalyptique dans ses growls, lumineux et émouvant lorsque la voix s'éclaircit. La chanson Sinnisloysi a attiré notre attention. Dans cet océan de noirceur, la participation aux chœurs d'Eivør, telle une sirène, provoque un envoûtement total. Comme quoi, sortir des sentiers battus pour découvrir des petites perles de ce genre est toujours agréable.   

Musiciens

Jón Aldará : chant
John Egholm : guitare
Theodor Kapnas : guitare
Esmar Joensen : claviers
Jenus Í Trøðini : basse
Remi Johannesen : batterie

Eivør Pálsdóttir : chant

Titres

1. Evst
2. Deyðir Varðar
3. Við Teimum Kvirru Gráu
4. At Jarða Tey Elskaðu
5. Sinnisloysi
6. Ytst

La vidéo ci-dessous n'est pas extraite de cet album. Il s'agit d'une performance enregistrée live lors d'une éclipse survenue le 20 mars 2015 dans les îles Féroé.

lundi 18 novembre 2019

House Of Not - Evergone & The Immaculate Spectacular (2018)

House Of Not The Walkabout Of A. Nexter Niode - Part 4: Evergone & The Immaculate Spectacular
House Of Not - Evergone & The Immaculate Spectacular
(2018)

Pourquoi écouter ce disque ?

Six ans d'attente ont été nécessaires entre cette nouvelle étape de l'odyssée d'A. Nexter Niode et la précédente. Tout a commencé en 2003, à la parution du premier volet, lorsque trois musiciens canadiens se sont lancés le défi de raconter en cinq parties les aventures fantastiques de ce héros malgré lui. Aujourd'hui, House Of Not regroupe Brian Erikson (chant, claviers, compositions), Ken (Smog) O'Gorman (guitares, basse, sitar, mandoline, Moog, production) et Eric Stever (guitares), en remplacement de Lou Roppoli parti explorer de nouveaux horizons. Comme à leur habitude, ils se sont entourés d'une pléiade d'invités, parmi lesquelles deux voix féminines absolument sublimes. Il faut patienter jusqu'à la moitié du disque pour découvrir en lead la géniale Dee Brown au chant aussi intense que celui de Durga McBroom, célèbre choriste du Pink Floyd. Au registre plus soul, Dione Taylor, présente sur Sexus, le deuxième volume de la saga, enchante deux des chansons les plus étranges du disque, Yet We Remain et Behind The Curve, entre gospel et blues. D'une richesse musicale inouïe, House Of Not propose un rock progressif bien vivant, captivant d'un bout à l'autre, où l'on perçoit aussi bien les influences des classiques comme les déjà cités Pink Floyd, Supertramp, Camel ou Alan Parsons, mais aussi la nouvelle génération que sont Phideaux ou Mostly Autumn. Vous avez aimé leurs précédents albums, vous adorerez Evergone & The Immaculate Spectacular. Si vous découvrez House Of Not à travers ce disque, alors vous adorerez leurs productions antérieures. 

Musiciens

Brian Erikson : chant, claviers
Ken O'Gorman : guitares, basse, mandoline, sitar, Moog
Eric Stever : guitares

Dee Brown : chant
Dione Taylor : chant
Omar Ales : claviers
Stan Miczek : basse
Lorne Sokoloff : basse
Terry Lesperance : batterie, percussions
Troy Feener : batterie
Kyle Magnus Stever : voix

Titres

01. Come On In
02. Fate 
03. FingerPaint
04. Eternity's Garden - A Death Waltz 
05. Our Last Tax
06. Take Me Away
07. So Sorry
08. Glenn Fiddick M.D. 
09. Evergone & The Immaculate Spectacular
10. Goodbye Goodbye Hello
11. Show Me Tell Me
12. Yet We Remain
13. Behind The Curve 
14. Spin Me 
15. Piper At The Precipice 
16. It's My Nature 
17. Understand The Man 
18. Kill The Buddha

dimanche 17 novembre 2019

Shelleyan Orphan - Helleborine (1987)

Shelleyan Orphan Helleborine
Shelleyan Orphan - Helleborine (1987)

Pourquoi écouter ce disque ?

Véritable OVNI des années 80 comme l'ont été Dead Can Dance ou Cocteau Twins, Shelleyan Orphan a rencontré moins de succès malgré un univers musical des plus singuliers. Tout commence en 1980 lorsque Caroline Crawley et Jemaur Tayle se découvrent une passion commune pour le poète Percy Bysshe Shelley. Deux ans après, ils prennent le nom de Shelleyan Orphan, inspiré de son poème Sipirit Of Solitude. Ils quittent alors leur ville de Bournemouth pour s'installer à Londres. Leur carrière est lancée. En 1984, ils font la première partie de Jesus & Mary Chain, puis signent chez Rough Trade en 1986. Produit par Haydn Bendall (Kate Bush, Alan Parsons, Camel), Helleborine, leur premier album, du nom d'une orchidée censée guérir de la folie, sonne comme nul autre à cette époque. Pas de guitare électrique, synthétiseurs, basse ou batterie, le groupe n'utilise que des instruments acoustiques comme le piano, le violoncelle, le hautbois et la harpe. Ce décalage, ajoutée à des harmonies vocales magiques, donneront un aspect intemporel à ce disque qui n'a pas pris une ride de nos jours. A noter la présence de pointures parmi les musiciens dont Danny Thompson (contrebasse), ancien de Pentangle, ainsi que le propre frère de Kate Bush, Paddy (tamboura, mandoline, dulcimer). Deux singles en seront extraits, les séduisants Cavalry Of Cloud puis Anatomy Of Love. Cultivant son originalité, Shelleyan Orphan livrera quelques performances scéniques accompagné de peintres qui s'exécuteront durant leurs concerts donnés dans des lieux atypiques comme des galleries d'art, des théâtres ou des églises. "Élégance", premier mot venant à l'esprit à l'évocation de ce disque enivrant qu'il serait grand temps de (re)découvrir.

Musiciens

Caroline Crawley : chant
Jemaur Tayle : chant, guitare acoustique

Bernard Partridge : violon
Ian Jewel : alto
Steven Orton : violoncelle
Thomas Davey : hautbois
Elma Cole : flûte
Nicky Holland : cor anglais
Richard Tomes : violon
Prudence Whitaker : clarinette
Nicholas Hunter : basson
Ruth Holden : harp
Andrew Powell : clavecin, piano
Danny Thompson : contrebasse
Stuart Elliott : percussions
Paddy Bush : tamboura, mandoline, dulcimer

Titres

01. Southern Bess (A Field Holler)
02. Anatomy Of Love
03. Blue Black Grape
04. Jeremiah
05. Cavalry Of Cloud
06. Midsummer Pearls And Plumes
07.  Epitaph Ivy And Woe
08. Helleborine
09. One Hundred Hands
10. Seeking Bread And Heaven
11. Melody Of Birth


vendredi 15 novembre 2019

Beth Gibbons And The Polish National Radio Symphony Orchestra - Symphony Of Sorrowful Songs (2019)

Beth Gibbons Henryk Gorecki Symphonie des chants plaintifs
Beth Gibbons And The Polish National Radio Symphony Orchestra -
Symphony Of Sorrowful Songs (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Le 29 novembre 2014, Beth Gibbons, la célèbre voix du combo britannique Portishead, donne une représentation exceptionnelle en Pologne. Accompagnée de l'Orchestre national de la radio polonaise, dirigé par Krzystof Penderecki, elle interprète la Symphonie n°3 du compositeur Henryk Górecki, plus connue sous le nom de Symphonie Des Chants Plaintifs. Composée en 1976, cette symphonie a la particularité d'être structurée en trois mouvements lents. Le premier s'inspire d'une lamentation de chants monastiques du XVe siècle, avec pour thème central l'amour d'une mère pour son fils, en l’occurrence de Marie pour Jésus. Le mouvement suivant est une prière qu'une jeune fille de dix-huit ans, Halina Wanda Błażusiak, prisonnière de la Gestapo, a inscrite sur le mur de sa cellule. Elle commence ainsi : "Non, Maman, ne pleure pas". Le troisième mouvement trouve son origine dans un chant populaire de la région d'Opole, située au sud-ouest de la Pologne, évoquant le deuil d'une mère pour son fils qui vient de mourir. Jusqu'alors, les interprétations successives étaient le fait de sopranos professionnelles. Beth Gibbons qui a énormément travaillé, notamment la prononciation pas si évidente du polonais, livre un moment magistral. Sa voix plaintive et suppliante, à la limite de la rupture, apporte une touche d'humanité, de fragilité à cette œuvre contemporaine monumentale. Loin de son registre habituel, elle sort grandi de cet exercice complexe qui n'était pas gagné d'avance.  

Musiciens

Beth Gibbons : chant
The Polish National Radio Symphony Orchestra dirigé par Krzystof Penderecki

Titres

01. Lento, Sostenuto Tranquillo Ma Cantabile
02. Lento E Largo, Tranquillissimo-Cantabilissimo-Dolcissimo-Legatissimo
03. Lento, Cantabile-Semplice

jeudi 14 novembre 2019

Ghost Fish - Ghost Fish (2005)

Ghost Fish
Ghost Fish - Ghost Fish (2005)

Pourquoi écouter ce disque ?

Qui aurait imaginé que l'union d'une fée australienne à des néo-païens grecs donnerait naissance à une œuvre schizophrène, dans la veine de Siouxsie & The Banshees ou de PJ Harvey ? Ghost Fish est un projet parallèle réunissant la chanteuse Louisa John-Krol, le duo Daemonia Nymphe (Evi Stergiou et Spyros Giasafakis) ainsi que leur ingénieur du son Nikodemos Triaridis. Ensemble, ils se sont enfermés dans un studio de Thessalonique, ont sorti les guitares électriques, ont improvisés et se sont amusés à experimenter des sons inédits. Ainsi, on passe d'un morceau rock endiablé comme D.D.L.M. (en fait Dia De Los Muertos, fête des morts mexicaine) à la ballade somptueuse A Candle In The Sea, suivie d'un The Lonely King aux vocaux heavenly, inspirés des Cocteau Twins, où il est question d'un roi tombé amoureux de la Nature. Impossible de ne pas citer l'étrange Cigar Of The Red King à l'atmosphère fantomatique et enfumée. Très éloigné des univers musicaux respectifs de chacun, cet album qui restera sans suite, explore le chemin des contrastes émotionnels du style ouverture aux autres / repli sur soi, séparation / réunion, ou oubli / mémoire. Surprenant par tant de contrastes, Ghost Fish fait partie de ses disques qui se révèlent écoute après écoute, et sur lequel le temps n'a pas d'emprise. 

Musiciens

Louisa John-Krol : chant, mandoline, guitare électrique
Nikodemos Triaridis : guitare électrique, basse
Evi Stergiou : guitare classique, chant
Spyros Giasafakis : guitare classique, flûte

Thodoris Gotsis : violon
Kostas Ketoglidis : batterie
Maria Stergiou : contrebasse
Christos Koukaras : percussions

Titres

01. B
02. Cigar Of The Red King
03. D.D.L.M
04. A Candle In The Sea
05. The Lonely King
06. Skin Meadow
07. Kik,
08.Tangaroa
09. Outside
10. Inside
11. ...

lundi 11 novembre 2019

Joshua Burnell - The Road To Horn Fair (2019)

Joshua Burnell The Road To Horn Fair
Joshua Burnell - The Road To Horn Fair (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Et de trois ! Joshua Burnell, étoile montante du folk britannique qui réenchante littéralement ce genre, propose un The Road To Horn Fair aux saveurs toutes médiévales. Toujours avec la même inventivité, passion et fougue, il s'est approprié une collection de dix airs anciens, remontant à des temps ancestraux, où il est question d'histoires souvent sanglantes et diaboliques, entre contes et légendes. Attention, pas de passéisme ici, le génie de Joshua consiste à apporter à l'ensemble une modernité bien contemporaine, que ce soit au niveau de la musique, des paroles ou des instruments. Ainsi, l'instrumental Plane Tree & Tempenny Bit, d'influence celtique, bénéficie de la présence d'une guitare électrique bien rock et d'un orgue Hammond aux sonorités très "génésiennes". Pareil pour Berkshire Tragedy que l'on penserait tiré d'une production de Phideaux, tant dans sa construction que dans ses harmonies vocales. Quel plaisir de réentendre dans de nouvelles versions ces classiques que sont Pastime With Good Company, Raggle Taggle Gypsies ou l'indémodable Can Ye O'er Frae' découverts, pour ma part, grâce à Blackmore's Night, The Waterboys et Steeleye Span. L'équipe de ménestrels entourant le jeune artiste qui joue d'une multitude d'instruments, s'est resserrée. Frances Sladen prête sa voix, Nathan Greaves impulse l’énergie nécessaire à sa guitare électrique, Matthew Mefford (basse) donne le rythme,et Antonio Curiale apporte une touche exotique avec son violon, sa viole d'amour et son oud. Rachel Wilson et Ben Burnell, frère de Joshua, apportent aussi leur soutien, l'une au violon, l'autre au banjo. Ce dernier lui a été offert par sa grand-mère ; il s'agit du premier modèle anglais. Impossible de finir cette chronique sans aborder le sublime artwork réalisé Randy Asplund, artiste spécialiste des enluminures médiévales. Tout est parfait dans ce disque, y compris les anecdotes, pertinentes et amusantes, livrées par Joshua dans les notes, permettant ainsi de mieux le connaître, comme un ami...

Musiciens

Joshua Burnell : chant, orgue Hammond, batterie, accordéon, guitare acoustique, bouzouki, flûte irlandaise, glockenspiel

Frances Sladen : chant
Nathan Greaves : guitare électrique
Matthew Mefford : basse
Antonio Curiale : violon, viole d'amour, oud

Ben Burnell : banjo
Rachel Wilson : violon

Titres

01. Pastime With Good Company
02. Berkshire Tragedy
03. Cold Haily Windy Night
04. Plane Tree & Tenpenny Bit
05. Ah! Robin, Gentyl Robin
06. The Knight And The Shepherdess
07. Drowsy Maggie & Rakish Paddy
08. Raggle Taggle Gypsies
09. Horn Fair
10. Cam Ye O'er Frae' France & The Musical Priest