jeudi 2 juillet 2020

Computer Mind - The Aspie Project (2016)

Computer Mind The Aspie Project
Computer Mind - The Aspie Project (2016)

Pourquoi écouter ce disque ?

Computer Mind, c'est l'histoire d'un projet original qui avait tout pour séduire, mais qui a capoté. Atteint du syndrome d'asperger, forme d'autisme affectant la manière de communiquer, le bassiste néerlandais Mike van den Heuvel a composé cet opéra rock en partie autobiographique, inspiré sur le plan musical d'Ayreon. Son ambition était de faire évoluer les mentalités à travers son disque. D'où le titre The Aspie Project. L'histoire raconte comment un "aspie" (c'est ainsi que les porteurs du syndrome s'appellent eux-mêmes) gère les situations quotidiennes ainsi que certaines grandes étapes de la vie comme l'enfance, l'école et la difficulté de se faire des amis, les relations amoureuses ou le divorce des parents. Le casting est impressionnant, nous sommes au cœur de la galaxie "ayreonienne" avec Arjen Lucassen lui-même dans le rôle du docteur, Damian Wilson (le père), Marcela Bovio (la mère), et Marjan Welman (la petite amie). Découvert sur Lost In The New Real et responsable des premières voix sur la version démo de The Theory Of Everything, Wilmer Waarbroek joue le héros malgré-lui. Financé par l'intermédiaire d'un crowdfunding, l'album finira par arriver dans la boîte aux lettres de la centaine de contributeurs courant 2016 après une très très longue attente. Et puis silence radio total. Le site internet ne sera plus mis à jour, et le disque ne sera plus vendu. Que s'est-il passé ? Mystère... C'est bien dommage car si on peut reprocher quelques aspects brouillons, pour un premier essai, l'ensemble est plus que convaincant avec Wilson et Bovio qui, comme à leur habitude, se donnent à fond. Ecoutez ci-dessous le single Divorce puis jugez par vous-même. 

Musiciens

Wilmer Waarbroek  : The Son
Damian Wilson : The Father
Marcela Bovio : The Mother
Marjan Welman : The Girlfriend
Arjen Anthony Lucassen : The Doctor

Edwin Kraft van Ermel : guitares
Berry Lakerveld : guitares
Marcel Coenen : guitares
Koen van Amerongen : claviers
Mike van den Heuvel : basse
David Mulder : batterie
Harry Donders : contrebasse
Stijn Donders : violon
Julia Dinerstein : violon
Justyna Briefjes : violon
Miriam Kirby : violoncelle
Epic Rock Choir

Titres

01. Diagnosis 
02. Childhood Pt. 1
03. Childhood Pt. 2 
04. Coma 
05. Education 
06. Friendship Pt. 1 
07. Friendship Pt. 2 
08. Relationship Pt. 1
09. Relationship Pt. 2
10. Blind To Emotion 
11. Little Box 
12. Divorce 
13. A Gift Disguised As A Dilemma Pt. 1 
14. A Gift Disguised As A Dilemma Pt. 2
15. A Gift Disguised As A Dilemma Pt. 3


lundi 29 juin 2020

Laura Piazzai & Clive Nolan - From The Outside In (2019)

Laura Piazzai sings the music of Clive Nolan
Laura Piazzai & Clive Nolan - From The Outside In (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

On ne présente plus Clive Nolan claviériste émérite aux multiples projets (Arena, Pendragon, Caamora...). Au cours de sa longue et riche carrière, il n'a cessé de valoriser les voix féminines qui en imposent. Parmi celles-ci, impossible de ne pas citer l'Anglaise Tracy Hitchings, la Polonaise Agnieszka Swita, la Galloise Christina Booth ou encore l'Américaine Michelle Young. Cette fois-ci, il s'est associé à Laura Piazzai, chanteuse italienne formée à la soul et au R&B, passée ensuite par la dance music sous le nom de Lory L. En fait, c'est elle qui a contacté Clive pour avoir l'autorisation de reprendre certaines de ses chansons. Enthousiaste, il lui a proposé son aide et tous deux ont sélectionné les treize titres de cet album, From The Outside In. Leur ambition commune était de leur donner une nouvelle vie, de les réinventer. Ils ont pioché aussi bien dans le répertoire de Tracy Hitchings (album From Ignorance To Ecstasy) que du projet Strangers On A Train avec la même Tracy, et de Caamora mené à l'époque conjointement avec Agnieszka Swita. Le résultat est plus qu'honorable, avec un rendu bien rock et percutant. Pour y parvenir, ils se sont entourés de musiciens italiens du groupe de Laura, No Limits, et de musiciens de la galaxie "nolanienne" : Mark Westwood (Shadowland, Caamora), John Jowitt (Arena), Scott Higham (Pendragon), Karl Groom (Shadowland, Strangers On A Train). Andy Sears de Twelfth Night est venu prêter sa voix sur l'excellent Sensing A Presence, en duo avec Laura. Et Clive lui a réservé deux titres inédits taillés sur mesure : Book Of Thoughts et l’époustouflant Whole Again. On ne sait si cette coopération fructueuse se poursuivra ou si elle sera un simple coup d'essai, seul l'avenir nous le dira. Pour le moment, profitons au maximum de ce disque énergique, idéal pour passer l'été et bien au-delà. 

Musiciens

Laura Piazzai : chant
Clive Nolan : claviers, chant

Roberto Barcellini : guitares
Karl Groom : guitares
Oscar Mapelli : guitares
Mark Westwood : guitares
Gokhan Ince : basse
John Jowitt : basse
Sergio Quagliarella : batterie
Scott Higham : batterie
Andy Sears : chant

Titres

01. Beauty And The Beast
02. Shadows
03. From Ignorance To Ecstasy
04. (I Can't) Walk On Water
05. Book Of Thoughts
06. Sacrifice
07. Sensing A Presence
08. (I Can See You) House From Here
09. Murder
10. From The Outside In
11. Closer
12. Whole Again
13. Horizons In Your Eyes


dimanche 28 juin 2020

Wappa Gappa - A Myth (1998)

Wappa Gappa Shinwa
Wappa Gappa - A Myth (1998)

Pourquoi écouter ce disque ?

Direction l'Empire du Soleil levant à la découverte de Wappa Gappa. Fondé en 1992 par le bassiste Keizo Endo, cette formation originale réunit des musiciens professionnels désirant jouer une autre musique que celle imposée par les médias de masse. D'ailleurs, le nom "Wappa Gappa" inventé par le guitariste Yasuhiro Tachibana s'inspire de thèmes relatifs à la liberté, aux chaînes brisées. Deux particularités essentielles font la spécificité de ce groupe. D'une part sa musique exigeante, mélodique et accessible de laquelle se détache la guitare fougueuse de Tachibana. D'autre part le chant féminin en japonnais de Tamami Yamamoto, également parolière. D'aspect irréel évoquant parfois Elisabeth Fraser des Cocteau Twins, sa voix irradie l'ensemble. Ses textes, souvent sombres, trouvent leur inspiration dans les contes et légendes du Japon, ainsi que dans l'observation (pessimiste) du monde actuel. Après un premier opus autoproduit en 1996 et seulement disponible dans leur pays, les musiciens, soutenus par leur producteur Sato-Ken, ont cherché à sortir de leurs frontières. A Myth, leur deuxième disque, est distribué dans le monde entier par le label français spécialiste des musiques progressives Muséa. Entrer dans leur univers, c'est ouvrir la porte à un imaginaire insolite et contemplatif. 

Musiciens

Tamami Yamamoto : chant
Yasuhiro Tachibana : guitares
Hideaki Nagaike : claviers
Keizo Endo : basse
Hirishi Mineo : batterie

Titres

01. The Lion Hearted King
02. The Banquet
03. No Mercy
04. The Underground
05. A Myth
06. Pilgrimage Of Water 
07. The One And Only
08. Floating Ice 


vendredi 26 juin 2020

Dando Shaft - Dando Shaft (1971)

Dando Shaft
Dando Shaft - Dando Shaft (1971)

Pourquoi écouter ce disque ?

Côté pochette, on a fait mieux. Côté musique, c'est pas mal du tout. Fondé à la fin des années 60 à Coventry, dans le centre de l'Angleterre, Dando Shaft réunissait à l'origine Martin Jenkins (chant, mandoline, violon, guitares), Kevin Dempsey (guitares), Dave Cooper (chant, guitares), Roger Bullen (basse) et Ted Kay (percussions). Leur nom est inspiré d'un personnage de roman d'un obscur auteur américain. Un "dando" est également le surnom donné aux hommes à la réputation sulfureuse dans les chansons populaires du XIXe siècle. Leur musique folk teintée de prog, psychédélisme et jazz puise son inspiration tant dans leurs contemporains (Sandy Denny, John Martyn, Joni Mitchell, Crosby, Stills & Nash) que dans la musique traditionnelle bulgare, une passion commune. C'est pourquoi, après la sortie de leur premier disque An Evening With Dando Shaft en 1970, la presse musicale à tendance à les comparer à The Incredible String Band. Mais l'arrivée de la chanteuse Polly Bolton l'année suivante redistribue les cartes. Désormais, la référence devient Pentangle alors au sommet de sa gloire. Il faut dire que Polly possède une voix aussi claire et expressive que Jacqui McShee. Repérée grâce à ses concerts donnés avec June Tabor, la jeune chanteuse suit alors des études en zoologie et rêve d'explorer la jungle. Contrairement à Jenkins et Cooper, Dempsey n'est pas un chanteur confirmé, il recherche quelqu'un pour interpréter ses compositions. Linda Peters, future Linda Thompson, a été auditionnée pour la place, mais n'est finalement pas retenue, au profit donc de Polly. Au final, c'est sous la forme d'un sextet que Dando Shaft enregistre son deuxième album en 1971. Pas de reprises ici, ils jouent leurs propres chansons en acoustique, partagées entre trois voix. Polly se révèle sur l'intense River Boat magnifié par une flûte pastorale, un des meilleurs moments du disque, avec l’entraînant Coming Home To Me, le premier morceau, Sometimes chanté par Cooper, et le délicat Till The Morning Comes

Musiciens

Polly Bolton : chant
Martin Jenkins : chant, mandoline, violon, violoncelle, flûte, percussions
Kevin Dempsey : chant, guitare, percussions
Dave Cooper : chant, guitare
Roger Bullen : contrebasse, basse
Ted Kay : percussions

Titres

01. Coming Home To Me
02. Railway
03. Whispering Ned
04. Sometimes
05. River Boat
06. Kalyope Driver
07. Waves Upon The Ether
08. Dewet
09. Till The Morning Comes
10. Pass It On
11. Prayer

jeudi 25 juin 2020

Magenta - Masters Of Illusion (2020)

Magenta Masters Of Illusion
Magenta - Masters Of Illusion (2020)

Pourquoi écouter ce disque ?

Qu'il est loin le temps où Christina Booth craignait de poser sa voix sur des morceaux d'une durée variant entre dix et vingt minutes. C'était il y a vingt ans. Son truc à elle, c'était la pop, le rock, bref des chansons courtes, normales quoi. En entrant dans Magenta, elle ne s'imaginait pas qu'elle deviendrait une des chanteuses les plus emblématiques de la scène prog. Iona n'est plus, Landmarq s'est séparé de Tracy Hitchings pour la remplacer par un homme, tandis que Mostly Autumn et Karnataka ont tous deux changés de frontwomen, une fois pour les premiers, on ne compte plus pour les seconds. Avec son huitième opus, Masters Of Illusion, Magenta revient à un prog classique et mélodique, construit autour d'une thématique forte. Car outre sa chanteuse, une des principales particularités du groupe est de proposer des disques conceptuels éloquents. On se souvient du génial Seven inspiré des sept péchés capitaux, ou, plus récemment, de The Twenty Seven Club qui abordait le destin tragique de jeunes chanteurs, tous décédés à l'âge de vingt-sept ans. Masters Of Illusion s'inscrit dans cette continuité en s'intéressant à la vie de six acteurs cultes, spécialisés dans les films d'horreurs des années 50 et 60. Steven Reed, le parolier du groupe et frère du leader Rob, passionné depuis sa plus tendre jeunesse par les films de la Hammer, a élaboré ces histoires inspirées non pas de leurs rôles, mais de leurs vies aux multiples rebondissements. Ainsi, le premier morceau Bela raconte l'apogée puis la déchéance de l'acteur Bela Lugosi, célèbre pour son interprétation du comte Dracula. Au passage, Rob et sa bande opèrent un clin d'œil appuyé au tout premier album Revolutions, sorti il y a tout juste vingt ans. A Gift For God, sur lequel on entend la voix de John Mitchell (Arena, Lonely Robot), s'intéresse à un autre vampire, le regretté Christopher Lee. Lon Chaney Jr, personnage à l'allure inquiétante, mort alcoolique, incarnait à la perfection le rôle du loup-garou (Reach For The Moon). Snow a pour héroïne Ingrid Pitt, inoubliable en comtesse Dracula. Peter Cushing est The Rose (accompagné de Troy Donockley de Nightwish aux uilleann pipes), tandis que la chanson finale The Masters Of Illusion rend un vibrant hommage à l'éternel Vincent Price, celui-là même qui a terrorisé toute une génération en prêtant sa voix au Thriller de Michael Jackson. Cela fait maintenant longtemps que Magenta est passé maître dans son rock progressif recherché, proche de la perfection, baigné des nappes synthétiques de Rob, des guitares lumineuses de Chris Fry, et soutenu par une rythmique impeccable (Dan Nelson à la basse, Jiffy Griffiths à la batterie). Bien entendu, l'atout maître demeure la formidable Christina au chant habité et inimitable, reflétant toute la générosité de sa personnalité. 

Musiciens

Christina Booth : chant
Robert Reed : claviers, mandoline, guitares, chœurs
Chris Fry : guitares
Dan Nelson : basse
Juffy Griffiths : batterie

John Mirchell : chant
Pete Jones : saxophone
Troy Donockley : uilleann pipes

Titres

01. Bela
02. A Gift From God
03. Reach For The Moon
04. Snow
05. The Rose
06. Masters Of Illusion

lundi 22 juin 2020

Collection D'Arnell-Andréa - Exposition, Eaux-Fortes Et Méandres (2007)

Collection d'Arnell Andréa Exposition
Collection D'Arnell-Andréa - Exposition, Eaux-Fortes Et Méandres
(2007)

Pourquoi écouter ce disque ?

Bienvenue dans la toute nouvelle galerie d'art de Collection D'Arnell-Andréa. Vous allez découvrir onze peintures des XIXe et XXe siècles ayant pour thématiques communes la nature, le romantisme et la mélancolie. Chaque œuvre est illustrée par une chanson extraite de l'album Exposition, Eaux-Fortes et Méandres sorti en 2007. Installez-vous confortablement. Laissez une simple lumière tamisée autour de vous. Préparez-vous à laisser votre esprit divaguer, le résultat en sera encore plus confondant. 

01. Les Sombres Plis De L’Âme
 La Neige (1873) Charles-François DAUBIGNY

02.The Monk On The Shore
The Monk On The Shore (1809-1810) Caspar David FRIEDRICH
03. Les Herbes Mortes
Femmes Portant Du Foin Sur Une Civière (vers 1874) Camille PISSARO
04. Les Méandres
Crépuscule Sur La Loire (1999) Richard BOUTIN
05. The Long Shadow
The Long Shadow (around 1805) Johan Heinrich Wilhelm TISCHBEIN
06. I Can’t See Your Face
Twilight Fantasy (1911) Edward Robert HUGHES

07. Les Catacombes
Loire, Tristesse Des Mânes (1988) Nicolas MECHERIKI
08. Into Flowers
Le Printemps (1868-1873) Jean-François MILLET
09. Crowns Of Golden Corn
Le Rappel Des Glaneuses (1839) Jules BRETON
10. L’Eau Des Mauves
Ophélie (1852) John Everett MILLAIS

11. The Island Of The Dead
L’Île Des Morts (1880) Arnold BÖCKLIN

Musiciens

Chloé St Liphard : chant
Jean-Christophe d'Arnell : claviers, batterie, chant
Carine Grieg : claviers
Vincent Magnien : guitares
Franz Torres-Quevedo : basse, chant
Thibault d'Aboville : alto, chant
Xavier Gaschignard : violoncelle

dimanche 21 juin 2020

Isgaard - Secret Gaarden (2004)

Isgaard Secret Gaarden
Isgaard - Secret Gaarden (2004)

Pourquoi écouter ce disque ?

Deux événement cruciaux vont être déterminants dans la vie artistique d'Isgaard. Sa découverte de Kate Bush dans les années 80 qui lui donnera non seulement l'envie de chanter, mais aussi de vivre pleinement cette passion. Celle-ci la conduira à prendre des cours de chant lyrique à Hambourg, puis à participer à plusieurs projets musicaux. En 2000, elle rencontre le producteur, compositeur et musicien Jens Lueck avec qui elle partage la même admiration pour Pink Floyd. Vie privée et vie professionnelle vont se mêler pour donner naissance à toute une série d'albums, tous aussi captivants les uns que les autres. Secret Gaarden est le deuxième de cette collaboration fructueuse. Il fait suite à Golden Key (2003) qui posait les bases d'une pop onirique, accessible et ambitieuse. D'un échelon supérieur, ce disque ouvre encore plus grand les portes du jardin secret de la chanteuse ("garden" orthographié "gaarden" faisant explicitement référence à son prénom d'origine islandaise signifiant "jardin de glace"). Si l'ensemble est un pur délice, tant vocalement que dans les arrangements musicaux, trois moments forts sont à retenir : I Am To Weak porté par de sublimes envolées lyriques, la chanson titre, duo percutant avec le chanteur Galileo aux dimensions opératiques, ainsi que This Is Not America, cover de Bowie aux couleurs dansantes et un brin psychédéliques. 

Musiciens

Isgaard : chant

Jens Lueck : claviers, batterie, chant
Jan Petersen : guitares
Rebecca Thümer : violon
Rodrigo Reichel : violon
Galileo : chant
FrankWollemburg : chant

Titres

01. Dancing On A Magic Trace
02. What Is Found 
03. Man On The Moon 
04. I Am Too Weak 
05. Secret Garden 
06. People Don`t Die
07. Indian Eyes 
08. Nothing But Me 
09. Cry For Freedom 
10. This Is Not America 
11. The End 
12. Longing For Silence

jeudi 18 juin 2020

The Ryszard Kramarski Project - Sounds From The Past (2018)

TRKP Sounds From The Past
The Ryszard Kramarski Project - Sounds From The Past
(2018)

Pourquoi écouter ce disque ?

Ryszard Kramarski n'en finit pas de revisiter le passé. Perfectionniste dans l'âme, il ne cesse de retravailler ses anciennes compositions, dans le but inavoué d'atteindre la mélodie parfaite (en référence à l'album de Millenium In Search Of The Perfect Melody). En 2010, c'était l'album Reincarnations datant de 2002 qui avait subi des modification. Vocanda (2000) a bénéficié d'une nouvelle version en 2013, et Deja Vu en 2004 était un recyclage de titres du tout premier Millenium ainsi que de la formation antérieure Framauro. En 1998, sous ce nom était sorti Etermedia, album inégal, édité à 500 exemplaires alors. Vingt ans après, Kramarski, riche de son expérience, lui offre une seconde vie. Sounds From The Past reprend la majeure partie de ce disque, adaptée aux temps actuels. Exit la boîte à rythme, bonjour la vraie batterie, la voix masculine est devenue chanteuse sous les traits de Karolina Lesko, et le polonais a cédé sa place à l'anglais. Il aurait semblé logique que Millenium s’attelle à cette tâche, mais Ryszard en a décidé autrement. C'est entouré des musiciens de son projet parallèle The Ryszard Kramarski Project qu'il s'est lancé dans cette aventure. En 2017, ils avaient offert leur version du Petit Prince de Saint-Exupéry. Cette fois-ci, ils se sont intéressés à cette œuvre moins universelle, mais avec l'enthousiasme de débutants. Le résultat est néanmoins très pro, guitares et claviers floydiens sont au rendez-vous pour un retour vers le passé bien sympathique. 

Musiciens

Ryszard Kramarski : claviers, guitare acoustique
Karolina Leszko : chant
Marcin Kruczek : guitares
Paweł Pyzik : basse
Grzegorz Fieber : batterie, percussions

Titres

01. Visionary Of Heaven
02. These All Paparazzis
03. The Technology Trap
04. The Fairly Tales Of A Stranger
05. Welcome To My Channel!
06. Please Stop The Time
07. We Know Nothing
08. Sounds From The Past

lundi 15 juin 2020

Tale Cue - Voices Beyond My Curtain (1991)

Tale Cue Voices Beyond My Curtain
Tale Cue - Voices Beyond My Curtain (1991)

Pourquoi écouter ce disque ?

Tale Cue, ou le chaînon manquant entre le Marillion des années Fish et les Grecs de La Tulipe Noire. Fondé à Milan en 1987 autour de Silvio Masanotti (guitares), Giovanni Porpora (claviers) et Laura Basla (chant), Tale Cue est, à l'origine, un groupe spécialisé dans les reprises. L'arrivée du bassiste Davide Vicchione et du batteur Filippo Oggioni lui donne un nouvel élan. En 1989, voit le jour Four Tales, enregistrement de quatre démos, toutes des compositions originales. Repérés par le label français Musea, les cinq musiciens sortent en 1991 leur premier et unique album, Voices Beyond My Curtain. Les six morceaux proposés, d'une durée comprise entre sept et quinze minutes, offrent un néo-prog classique mettant en avant le jeu de guitare ingénieux de Silvio, le seul à faire carrière dans la musique par la suite, ainsi que les claviers luxuriants de Giovanni, soutenus par une solide rythmique. Mais ce qui frappe avant tout, c'est la voix sombre et basse de Laura Basla, idéale pour les histoires étranges qu'elle raconte. On aurait aimé toutefois qu'elle s'exprime dans sa langue natale, l'italien, plutôt que l'anglais, pas toujours très bien maîtrisé. Néanmoins, avec cette voix féminine, Tale Cue fait figure de précurseur dans le mouvement néo-progressif qui, à l'instar du progressif naissant des années 60-70, préfère nettement les chanteurs aux chanteuses, exception faite de Renaissance, Curved Air et quelques autres. A l'aube des années 90, se distinguent Quasar et Strangers On A Train (plus un projet musical qu'un groupe en réalité), tous deux menés par Tracy Hitchings, Iona avec Joanne Hogg, aux tendances plutôt prog-folk celtiques, et donc Tale Cue. Confiant dans cette formation, Musea sélectionnera l’envoûtant Choices, un des meilleurs titres avec Pale Light Of The Morning, pour sa compilation Le Meilleur Du Rock Progressif Européen (1995). Ce morceau sera alors une révélation pour l'auteur de ces lignes, point de départ d'une nouvelle passion que confirmeront Landmarq, Magenta, Karnataka, et Mostly Autumn bien des années plus tard. 

Musiciens

Laura Basla : chant
Silvio Masanotti : guitares
Giovanni Porpora : claviers
Davide Vicchione : basse
Filippo Oggioni : batterie

Lisa De Renzio : flûte

Titres

01. The Knell 
02. Craven Smiles 
03. Prisoner Of Cutting Light 
04. Choices 
05. Flying To Fade
06. Pale Light Of The Morning 

dimanche 14 juin 2020

Hölderlin - Hölderlins Traum (1972)

Hölderlins Traum
Hölderlin - Hölderlins Traum (1972)

Pourquoi écouter ce disque ?

Fondé en 1970 par les frères Grumbkow, Hölderlin est un groupe allemand proposant une musique bucolique, à la croisée du rock progressif et du folk cosmique. Son nom s'inspire du poète et philosophe romantique Friedrich Hölderlin. Lorsque sort en 1972 son premier album Hölderlins Traum, le groupe rassemble six musiciens, dont la chanteuse néerlandaise, Nanny DeRuig, épouse du guitariste Christian Grumbkow. Sa voix caressante n'est pas sans évoquer les chanteuses britanniques de l'époque tel que Vashti Bunyan ou Bridget St John, de même que la française Françoise Hardy. La musique jouée, douce et rêveuse, se veut avant tout acoustique, mêlant sonorités médiévales (Erwachen), indiennes (Strohhalm) ou encore jazzy (Waren Wir). Cette large palette sonore a été rendue possible grâce à l'emploi ingénieux d'instruments aux horizons divers, allant du Mellotron à la flûte, du sitar au violoncelle, sans oublier le violon, le piano, l'orgue ou les tablas. Ce premier essai est un véritable coup de maître, représentatif du bouillonnement musical de l'Allemagne de ces années-là. Il restera néanmoins sans suite, Nanny quittant le groupe en 1973. Après la faillite de leur maison de disque, liée à une terrible bataille juridique avec leur producteur, les cinq membres restants reviendront en 1975 sous le nom simplifié de Hoelderlin. Malgré une longue carrière, ils ne retrouveront jamais la magie, ni la naïveté de ce premier opus devenu, au fil du temps, un incontournable des mondes oniriques. 

Musiciens

Nanny DeRuig : chant
Christian Grumbkow : guitares
Joachim Grumbkow : violoncelle, guitare acoustique, flûte, piano, orgue, Mellotron
Christoph Noppeney : violon, alto, flûte, piano
Peter Käseberg : basse, guitare acoustique, chant
Michael Bruchmann : batterie, percussions

Peter Bursch : sitar
Mike Hellbach : tablas 
Walter Westrupp : flûte

Titres

01. Waren Wir
02. "Peter" 
03. Strohhalm
04. Requiem Für Einen Wicht 
05. Erwachen 
06. Wetterbericht
07. Traum