dimanche 25 août 2019

Vak - Budo (2018)

Vak Budo
Vak - Budo (2018)

Pourquoi écouter ce disque ?

La France a d'incroyables talents... loin des médias de masse. Fondé en 2008, Vak est stabilisé aujourd'hui autour de Vladimir Mejtelman (batterie), Joël Crouzet (basse), Alexandre Michaan (claviers) et Aurélie Saintecroix (chant). Leur musique s'inspire du rock progressif des années 70, en particulier de Magma. C'est d'ailleurs pour cette raison que le label Soleil Zeulh les a accueillis dans son écurie. Spécialisé depuis 1998 dans le jazz-rock, le RIO et la zeuhl, genre musical original développé au fil des années par Christian Vander de Magma, il lui était impossible de passer à côté de Vak tant leur œuvre s'inscrit dans cette lignée. Budo est le premier vrai album du groupe, après deux EP et un album réunissant ces deux premiers essais. Il est composé de trois titres, Budo, Hquark et Au Fond Des Creuses, chacun durant respectivement 27'28'', 23'03'' et 8'19''. A l'image de la pochette évoquant les peintures de Roger Dean (illustrateur de la plupart des couvertures de Yes), Vak nous entraîne à travers sa musique exigeante, sans compromis, dans un voyage intersidéral, en plein cœur des galaxies en fusion. Les vocalises célestes d'Aurélie contribuent à renforcer cette atmosphère irréelle, faisant resurgir dans notre mémoire, l'espace d'un instant, les intemporelles parties vocales d'Edda Dell'Orso des musiques d'Ennio Morricone ou le générique du Star Trek des années 60 avec ses chœurs cosmiques. On ne sera d'ailleurs pas surpris d'apprendre que les musiciens sont de grands amateurs de science-fiction, en particulier de Dan Simmons pour lequel le terme "Vak" était à la fois une formule mathématique et la déesse indienne des vibrations. Si vous souhaitez découvrir une musique hors des sentiers battues, à la fois sophistiquée et mélodieuse, Vak est pour vous.

Musiciens

Aurélie Saintecroix : chant
Vladimir Mejstelman : batterie
Joël Crouzet : basse, guitares
Alexandre Michaan : claviers

Michaël Havard : saxophone
Nora Froger : flûtes
Hyder Aga : guitares

Titres

01. Budo
02. Hquark
03. Au Fond Des Creuses

vendredi 23 août 2019

Stone The Crows - Stone The Crows (1970)

Stone The Crows
Stone The Crows - Stone The Crows (1970)

Pourquoi écouter ce disque ?

Stone The Crows fait partie de ces trésors du passé que l'on se plaît à (re)découvrir. Né de la rencontre entre Maggie Bell, chanteuse écossaise dotée d'une voix soul impressionnante, et du guitariste Lee Harvey, petit frère d'Alex, Stone The Crows jouera durant sa courte carrière un blues-rock explosif teinté d'influences folk, jazz et prog. En 1967, Maggie débarque en Allemagne pour chanter dans les bases aériennes américaines. Parmi les musiciens l'accompagnant, se trouve le jeune Lee. A leur retour, ils forment The Power avec John McGinnis aux claviers et James Dewar à la basse ainsi qu'au chant. Quelques mois après, le batteur Colin Allen (ex-John Mayall's band) fait son entrée. Peter Grant, manager de Led Zeppelin les remarque et les prend sous son aile. Ayant une ambition internationale pour leur carrière, il les invite à changer de nom car The Power est déjà utilisé par un groupe américain. C'est lui qui leur suggère Stone The Crows, expression australienne exprimant tant la surprise que le choc. Stone The Crows l'album, sort en 1970. Trois mois ont été nécessaire pour sa préparation et son écriture. Composé par Harvey et Dewar, le premier morceau The Touch Of Your Loving Hand débute avec une partie chantée par le bassiste, avant que n'intervienne Maggie, habitée par le texte de cette ballade bluesy. Guitare et orgue sont juste impériaux. Plus rock, Raining In Your Heart déchire grâce à ses riffs ravageurs. Blind Man est une vieille chanson folk livrée dans une version acoustique, en mode blues. Là encore, Maggie dévoile une voix incroyable, faisant d'elle une héritière toute désignée de Janis Joplin qui disparaîtra tragiquement cette même année. Bien meilleure que l'originale, la reprise de A Fool On The Hill des Beatles fait preuve d'une inventivité certaine. D'une longueur supérieure à dix-sept minutes, I Saw America occupait à l'époque des 33 tours toute la face B. Cette fresque audacieuse aspire à décrire les États-Unis dans toute leur diversité. Première étape d'un parcours qui en comptera quatre, Stone The Crows sera suivi de près par un Ode To John Law plus expérimental. 

Musiciens

Maggie Bell : chant
Les Harvey : guitares
John McGinnis : claviers
Jimmy Dewar : basse, chant
Colin Allen : batterie, percussions

Titres

01. The Touch Of Your Loving Hand
02. Raining In Your Heart
03. Blind Man
04. A Fool On The Hill
05. I Saw America

jeudi 22 août 2019

Annie Haslam - Live Under Brazilian Skies (1998)

Annie Haslam Live Under Brazilian Skies
Annie Haslam - Live Under Brazilian Skies (1998)

Pourquoi écouter ce disque ?

En mars 1997, Annie Haslam donne deux représentations exceptionnelles au Brésil, une à Rio de Janeiro et l'autre à Petrópolis. La dernière fois que la chanteuse s'était rendue dans ce pays, c'était en 1979, pour la promotion de Azure d'Or, avec Renaissance. Depuis, elle bénéficiait là-bas d'un culte particulier. C'est grâce à la ferveur et au dévouement de ses fans locaux qu'elle a été invitée à venir chanter près de vingt ans après. Pour des raisons financières, Annie n'a pu emmener avec elle que David Biglin qui joue à ses côtés de tous les instruments. Seul point noir, l'emploi d'une musique additionnelle pré-enregistrée sur certains titres. Sinon, la voix angélique d'Annie est toujours aussi magique, envoûtante. Sa manière de chanter laisse transparaître sa joie d'être sur scène, entourée d'un public enthousiaste. En quinze titres, elle revisite sa carrière solo, du premier album Annie In Wonderland (Nature Boy / If I Loved You) au dernier en date, Blessing In Disguise (Blessing In Disguise, After The Oceans Are Gone) en passant par sa sublime reprise du Moonlight Shadow de Mike Oldfield. Généreuse envers ses fans, elle offre une version originale du Turn Of The Century de Yes et pas moins de trois inédits : Seashell Eyes dont elle a signé le très beau texte, Summon The Angels qui se retrouvera sur The Dawn Of Ananda en 1999, et Brazilian Skies écrit spécialement pour ces concerts uniques. Les autres moments forts sont bien entendu les chansons du répertoire de Renaissance. Tous les albums du groupe, de Prologue à A Song For All Seasons, la meilleure époque, sont au moins représentés par un titre, dont certains sont de véritables surprises car très rarement interprétés sur scène, comme The Captive Heart (Novella), Let It Grow (Ashes Are Burning) ou Spare Some Love (Prologue). Live Under Brazilian Skies est le témoignage émouvant d'une artiste en totale communion avec son public.

Musiciens

Annie Haslam : chant

David Biglin : instruments

Titres

01. Carpet Of The Sun
02. I Think Of You
03. The Captive Heart
04. Moonlight Shadow
05. Blessing In Disguise
06. Seashell Eyes
07. Summon The Angels
08. Nature Boy / If I Loved You
09. After The Oceans Are Gone
10. The Young Prince And Princess
11. Let It Grow
12. Brazilian Skies
13. Turn Of The Century
14. Northern Lights
15. Spare Some Love 

dimanche 18 août 2019

House of Not - The Walkabout Of A. Nexter Niode - Part 2: Sexus (2005)

House of Not Sexus
House of Not - The Walkabout Of A. Nexter Niode -
Part 2: Sexus (2005)

Pourquoi écouter ce disque ?

Dans ce deuxième volet de l'odyssée initiatique d'A. Nexter Niode, personnage imaginaire inventé par le Canadien Brian Erikson, l'atmosphère s'assombrit. Cette fois-ci, notre "héros" se trouve confronté aux côtés obscurs du pouvoir, de la luxure et de la folie. Après avoir séduit Silk, maîtresse d'un tyran sanguinaire, et l'avoir entraînée dans des mondes érotiques sans limites, il va subir la vengeance de ce dernier, le menant au bord de la démence. Pour les besoins du récit, House Of Not s'est aventuré sur de nouveaux terrains musicaux, du rock héroïque (Voodoo Bitch) au rythm and blues (Whitehouse, Pipedream), en passant par la world, le jazz, le gospel ou la soul. La touche "floydesque" est, elle, toujours bien présente, notamment à travers la guitare aérienne de Footnotes / Hurt ou le chant d'Erikson, expressif comme celui de Roger Waters (écoutez le schizophrénique State Of The Union qui aurait eu toute sa place sur The Wall). Autre nouveauté, la présence plus marquée de voix féminines. Si Gabrielle Ollu est la voix de Silk, Natalie Rogerson, Dione Taylor et Dee Brown se partagent les vocaux. Celle-ci enflamme le savoureux Voodoo Bitch puis s'affirme lors d'un Lady In Waiting particulièrement sensuel, tandis que Dione apporte une délicate touche jazzy et chaleureuse à ses parties. Sept longues années seront nécessaires pour donner une suite honorable à cette saga passionnante qui aura pour ambition de totaliser cinq albums. 

Musiciens

Brian Erikson : chant, flûte, percussions
Ken O'Gorman : guitares, mandolline
Lou Roppoli : guitares

Dee Brown : chant
Dione Taylor : chant
Natalie Rogerson : chœurs
Gabrielle Ollu : voix
Dave Neill : chœurs
Ricky Vehkavaara : guitare
Dave Henman : guitare
J.C. Morrison : guitare
Omar Ales : claviers
Dennis Allard : harmonica
Glenn Smith : saxophone
Matt Gormley : basse
Stan Miczek : basse
Chris Gormley : percussion

Titres

01. Séance
02. Voodoo Bitch
03. Whitehouse 
04. Lady In Waiting
05. Icons
06. Is That The Best You Can Do?
07. Black Out
08. Footnotes / Hurt
09. State Of The Union
10. Behind The Veil
11. It's Your Mother
12. Secret Garden
13. Pipedream
14. Chase The Dragon

jeudi 15 août 2019

Touchstone - Live Inside Outside (2014)

Touchstone Live Inside Outside
Touchstone - Live Inside Outside (2014)

Pourquoi écouter ce disque ?

Live Inside Outside est la deuxième production live de Touchstone. Elle fait suite au mémorable Live In USA sorti quatre ans plus tôt, en 2010. Cette fois-ci, le groupe propose dans un même coffret deux DVD, un CD et un EP dont nous avons déjà parlé ici. Filmé et enregistré sous la direction de Rob Reed de Magenta, le premier DVD (Inside) est un concert donné en octobre 2013 à Bilston, dans le West Midlands. Mêlant avec élégance prog et metal, Touchstone, en pleine tournée promotionnelle, joue ce soir-là la quasi-intégralité de son dernier album Oceans Of Time. Il est frappant de constater la pleine maturité de cette formation trépidante, notamment de sa chanteuse, l'éblouissante Kim Seviour, qui n'a jamais été aussi à l'aise sur scène. Si Intro est un instrumental inédit signé Rob Reed, Corridors est extrait de The City Sleeps tandis que l'on retrouve à l'origine le poignant Strange Days sur Wintercoast. A noter que le CD audio proposé reprend l'intégralité de ce set rempli d'énergie positive. Quant au deuxième DVD (Outside), il s'agit d'un court concert donné lors du High Voltage Festival, en 2010, à Londres. Touchstone avait alors partagé l'affiche avec The Reasonning, Pendragon, Marillion, Asia, Transatlantic, Steve Hackett et bien d'autres encore !!! Avec ce Live Inside Outside, les cinq musiciens tournent une page de leur histoire. Pour des raisons de santé, Kim se retirera par la suite, la scène devenant trop éprouvante. Cela ne l'empêchera pas de collaborer occasionnellement à divers projets de John Mitchell, et de poursuivre une discrète carrière solo. Co-fondateur du groupe, le claviériste et chanteur Rob Cotthingham s'en ira fonder Cairo, plus proche de ses nouvelles aspirations. Les trois restants (Adam Hodgson, Paul 'Moo' Moorghen, Henry Rogers) continueront l'aventure avec une nouvelle chanteuse, mais Henry s'en est allé à son tour rejoindre le Heather Findlay Band puis Mostly Autumn. A suivre...

Musiciens

Kim 'Elkie' Seviour : chant
Rob Cottingham : chant, claviers
Adam Hodgson : guitares
Andre 'Moo' Moorghen : basse, chœurs
Henry Rogers : batterie, percussions

Titres

Inside

01. Intro 
02. Flux 
03. Corridors 
04. Fragments 
05. Solace 2013 
06. Spirit Of The Age 
07. Shadows End 
08. Through The Night 
09. Oceans Of Time
10. Contact 
11. Strange Days

Outside

01. Intro 
02. Wintercoast 
03. Shadow 
04. Joker In The Pack 
05. Strange Days

lundi 12 août 2019

Lux Montes - La Verdad (2019)

Lux Montes La Verdad
Lux Montes - La Verdad (2019)

Pourquoi écouter ce disque ?

Éloignons-nous le temps d'un disque des sentiers sinueux du prog pour entreprendre une voie toute aussi escarpée, entre rock alternatif et electro. Lux Montes est une jeune auteure-compositrice-interprète d'origine française installée à Liège, en Belgique. De 2007 à 2013, elle a officié comme chanteuse au sein du groupe de folk-rock June Lullaby devenu Enfantloup avant de disparaître. Lucile Beauvais se lance ensuite dans une carrière solo sous le pseudonyme de Lux Montes. Elle publie deux EP, Tu m'as manqué mon amour en 2014, suivi de Sista Sista trois ans plus tard. La Verdad, son premier album, a été signé chez Verdad Records, nouveau label dont l'ambition est de promouvoir les artistes féminines. "Écorchée" est le premier adjectif qui vient à l'esprit à l'écouter de ce disque aux ambiances torturées, énigmatiques et irréelles. Si l'on perçoit certaines fragilités apparentes, la forte personnalité de Lux se plaît à explorer la noirceur la plus profonde de l'humanité (Daddy's Devils, Gonna Kill You, Merveilleux au texte et à l'atmosphère mettant très mal à l'aise, lointain écho à Stromae). PJ Harvey (Gonna Kill You), Beth Gibbons de Portishead (Boy), Siouxsie and the Banshees (La Verdad) ou encore Christine and the Queens (Superhero) et Björk pour la touche electro sont quelques-unes des références honorables venant à l'esprit. La Verdad est l'album de la rédemption pour celle qui recherche la lumière (Lux) en direction des montagnes (Montes). 

Musiciens

Lux Montes : chant, instruments

Julien Varnier : batterie

Titres

01. Superhero
02. Boy
03. Jimmy's Night
04. Thunderbolt
05. Merveilleux
06. Gonna Kill You
07. Carrousel (Givre)
08. La Verdad
09. Daddy's Devils
10.Wishes


dimanche 11 août 2019

Magenta - We Are Legend (2017)

Magenta We Are Legend
Magenta - We Are Legend (2017)

Pourquoi écouter ce disque ?

Invasion de robots, esprit torturé de van Gogh et monde post-apocalyptique sont au programme de ce septième album du combo gallois Magenta, We Are Legend. Depuis sa création il y a une vingtaine d'année, le groupe n'a cessé d'innover, d'explorer de nouveaux fronts musicaux sans jamais se renier. Digne héritier des géants du rock progressif des années 70, Magenta a néanmoins tracé son propre sillon en regardant droit devant. Au trio de base constitué de Rob Reed (claviers), Christina Booth (chant) et Chris Fry (guitares), s'ajoutent le bassiste Dan Nelson qui accompagnait jusque-là le groupe sur scène, et Jon Griffiths à la batterie. Ainsi constituée, l'équipe à mis en musique trois récits concoctés par le frère de Rob, Steeve. D'une longueur supérieure à vingt-cinq minutes, Trojan raconte l'invasion de la terre par des machines venant des océans, posant ainsi les limites de l'intelligence artificielle. Si le jeu inventif de Fry évoque toujours le grand David Gilmour, d'autres références à Pink Floyd se sont glissées, comme l'utilisation des roto-toms de Time. La pochette du disque sur laquelle est représentée la fameuse Battersea Power Station, se veut également un clin d'œil à Animals. Les célèbres cochons ont, quant à eux, étaient remplacés par des renards. Plus sombre, Colours nous entraîne au plus profond des tourments de van Gogh, au bord de la folie. Racontée comme seule Christina sait le faire, Legend est une dystopie où seuls quelques êtres humains ont survécu à une catastrophe, devant désormais lutter pour survivre. Proche de Metamorphosis par sa noirceur, We Are Legend enchante par ses mélodies à la fois recherchées, évocatrices et accessibles. 

Musiciens

Christina Booth : chant
Rob Reed : claviers, guitares
Chris Fry : guitares
Dan Nelson : basse
Jon Griffiths : batterie

Titres

01. Trojan 
02. Colours
03. Legend

vendredi 9 août 2019

Amarok - Hayät Yolundă (2015)

Amarok Hayät Yolundă
Amarok - Hayät Yolundă (2015)

Pourquoi écouter ce disque ?

On pensait l'aventure Amarok terminée avec Sol De Medianoche en 2007. Robert Santamaría, fondateur et leader de cette formation espagnole atypique de rock progressif, s'en était allé vers de nouveaux projets comme Dafnia, toujours en compagnie de la chanteuse Marta Segura, Terra de Sons ou encore Cous Cous de Cançons au but avoué de favoriser l'éveil musical des plus jeunes. La refondation d'Amarok est née d'un cauchemar de Robert dans lequel il imaginait des créatures post-apocalyptiques surfer sur les vagues d'un vaste océan. Dans ce nouveau monde, quelques êtres humains avaient réussi à survivre, de manière isolée. Il lui est alors paru évident que seuls ses anciens complices d'Amarok pouvaient l'aider à mettre en musique cette histoire rocambolesque, mais néanmoins ambitieuse. Ainsi, sa complice de toujours Marta Segura a répondu présente, tout comme Manel Mayol (flûtes), Alan Chehab (basse) et Pau Zañartu (batterie). A cette équipe implacable s'ajoute un petit nouveau, le guitariste Xavi Saiz. Hayät Yolundă sort en 2015. Dès les premières notes, Amarok démontre qu'il n'a rien perdu de sa splendeur, ni de son audace. Son rock progressif flamboyant aux sonorités méditerranéennes nous embarque dans une odyssée fantastique (et philosophique) à l'issue improbable. Pour se faire pardonner de son long silence, Robert offre en complément un second disque sobrement intitulé Archivos, 2009-2015. Les six premiers titres devaient figurer sur l'album suivant Sol De Medianoche qui n'a jamais vu le jour. Les autres sont divers enregistrements, dont deux reprises : le classique Norwegian Woods des Beatles ainsi que Stratosfear de Tangerine Dream, joué lors d'un festival de musiques électroniques avec Víctor Estrada, autre compagnon de route, peu de temps avant la disparition tragique d'Edgar Froese.

Musiciens

Robert Santamaría : claviers, guitares, glockenspiel, percussions, vibraslap kanun. 
Marta Segura : chant
Manel Mayol : flûtes
Alán Chehab : basse
Pau Zañartu : batterie 
Xavi Saiz :guitares

Titres

Hayat Yolunda

1.01. Universo
1.02. Revelación
1.03. Gestación
1.04. Despertar
1.05. Incertidumbre
1.06. Rubicón
1.07. Cénit
1.08. Camino De Vida
1.09. Principio

Archivos 2009-2015

2.01. Imdhalaia
2.02. Trio
2.03. Nannania
2.04. Touts And Frogs
2.05. El Meu Petit Cel
2.06. La Vintoya's Jig
2.07. La Edad Avanzada
2.08. Norwegian Wood
2.09. Semillas
2.10. Goblin's Song
2.11. Stratosfear

mercredi 7 août 2019

Joshua Burnell - Into The Green (2016)

Joshua Burnell Into The Green
Joshua Burnell - Into The Green (2016)

Pourquoi écouter ce disque ?

Quand un jeune chanteur folk explique dans une interview avoir grandi en écoutant des artistes aussi divers que Queen, Led Zep, Bowie, Steeleye Span, Genesis, Yes, Deep Purple, Jethro Tull, Velvet Underground ou Nick Cave, on ne peut être qu'interpellé. Je l'ai découvert par l'intermédiaire d'Angela Gordon de Mostly Autumn qui joue de la flûte sur son premier album autofinancé Into The Green. Fascinant d'un bout à l'autre, ce disque entièrement composé par le seul Joshua, se divise en deux parties. La première est une collection de chansons indépendantes les unes des autres, inspirées du folk traditionnel britannique. Impossible de résister à l'air héroïque de Sing For The Island sur laquelle Frances Sladen pose sa voix ou à Fair As The Heather influencée à la fois par le Carpet Crawlers de Genesis et Pink Floyd. La seconde partie est un ensemble de sept morceaux évoquant l'histoire d'un jeune berger ayant perdu son troupeau suite à un orage. N'écoutant que son courage, il décide de partir à sa recherche et pénètre dans un bois enchanté où il devra faire face à de terrifiants démons. Cette aventure n'est pas sans évoquer l'œuvre de Tolkien à laquelle Joshua est très attaché. D'ailleurs, il a confié à Ted Nasmith, illustrateur du célèbre écrivain, le soin d'illustrer la pochette du disque. Entouré de dix musiciens, dont son frère Ben et leur ami Nathan Greaves avec lesquels il avait fondé le groupe de rock progressif Valénor, Joshua s'est donné les moyens de son ambition en confiant le mastering à Jon Astley qui a travaillé par le passé pour Elton John, Peter Gabriel, Eric Clapton, Tori Amos, Toto ou Anathema. Le résultat est tout simplement grandiose. Avec de telles références, impossible de passer à côté de cette étoile montante.  

Musiciens 

Joshua Burnell : chant, guitares, claviers, batterie, percussions glockenspiel, autoharpe, bol tibétain

Antonio Curiale : violons
Matthew Mefford : contrebasse
Rachel Brown : violoncelle
Nathan Greaves : basse, guitares
Frances Sladen : chant
Liam Hardy : cajon
Paul Younf : mélodéon, chœurs
Angela Gordon : flûtes
Dan Webster : guitares, chœurs
Ben Burnell : guitares, mandoline, bouzouki, chœurs

Titres


01. Sing For The Island
02. The Smuggler's Tale
03. The Old Man And The Tree
04. The Winner's Side
05. Fair As The Heather
06. The Search
07. Forest Wanderer
08. The Enchanted Wood
09. The Dark Wood
10. The Deep
11. The Dwarf
12. The Misted Valley
13. The Gremlin King
14. The Return

lundi 5 août 2019

Howard Sinclair - The Light Broke In (2014)

Howard Sinclair The Light Broke In
Howard Sinclair - The Light Broke In (2014)

Pourquoi écouter ce disque ?

The Light Broke In fait suite à The Delicious Company Of Freaks, et autant le dire de suite, le résultat est encore meilleur. Howard Sinclair, compositeur, chanteur et multi-instrumentiste, poursuit son aventure folk, tout en s'autorisant quelques incursions bienvenues dans le blues (Lazy Sunday Morning). Ses chansons abordent autant la face sombre de chacun que ses aspects lumineux. Howard passe ainsi d'un thème à l'autre avec une facilité déconcertante. Sa voix chaleureuse ainsi que ses mélodies vous happent dès la première écoute. Kim Seviour de Touchstone apporte une touche féminine sur quelques titres comme le morceau d'ouverture Autocorrect, la chanson titre The Light Broke In ou encore la splendide ballade introspective Bedsheets & Bad Luck qu'elle chante seule, simplement soutenue par un piano et un violoncelle. Les autres musiciens de l'album sont Jonathan Edwards (Panic Room, Luna Rossa) aux claviers, Si Wright (trompette, chœurs) et Paul Gibbons (batterie, percussions), tous deux de Morpheus Rising, Patrick Sanders aux guitares, accompagné de Becky Baldwin à la basse ou à la contrebasse. Mark Wilkinson à qui l'on doit les plus belles pochettes de Marillion et Fish, signe un magnifique artwork, très représentatif des émotions que dégage ce disque ô combien réussi. En 2013, Howard avait participé à l'album [REDACTED] au sein du groupe Also Eden en tant que claviériste. Ces dernières années, on peut l'entendre régulièrement sur scène aux côtés du John Hackett Band. 

Musiciens

Howard Sinclair : chant, guitares, piano, mandoline, violoncelle
Patrick "Patch" Sanders : guitares
Jonathan Edwards : claviers
Becky Baldwin : basse, contrebasse 
Paul "Gibbo" Gibbons : batterie, percussions
Kim Seviour : chant 
Si Wright : trompette, chant

Titres

01. Autocorrect 
02. My Drunken Guitar
03. Last Out Of The Valleys
04. Bid The Dark So Long
05. Let It All Go
06. Bedsheets & Bad Luck
07. The Light Broke In
08. Lazy Sunday Morning
09. See you on the Brightside
10. What Comes Next?

dimanche 4 août 2019

Judy Dyble - Live At WM Jazz (2014)

Judy Dyble Live At WM Jazz
Judy Dyble - Live At WM Jazz (2014)

Pourquoi écouter ce disque ?

Un vent chaleureux souffle sur la froide Albion en ce mois de décembre 2013. Devant un parterre de privilégiés, dans un petit club londonien, la grande Judy Dyble se produit sur scène. A l'exception de quelques représentations, notamment aux côtés de ses anciens compagnons de Fairport Convention, ses apparitions sont rares. Pour ceux qui l'ignorent, Judy a été la toute première chanteuse de Fairport Convention et s'est trouvée aux sources de ce qui deviendra King Crimson. D'où son statut de légende auprès des amateurs de folk britannique et de rock progressif. Ses deux derniers albums solos en date à ce moment-là, Talking With Strangers et Flow And Change, sont devenus très vite des incontournables auprès de ce public exigeant. Ils sont justement à l'honneur sur cet enregistrement live. D'une nature joyeuse, Judy se plait à chanter des chansons tristes et mélancoliques. Sa voix d'une grande pureté se prête facilement à cet exercice. Accompagnée de cinq musiciens, mais sans batteur, elle enchante son auditoire avec un Black Dog Dreams aux dimensions dramatiques, Crowbaby habité par l'âme de Nick Drake ou encore les sublimes Talking With Strangers et Grey October Day. Petit retour vers le passé en compagnie de If I Had A Ribbon Bow, reprise du tout premier single de Fairport Convention sorti en 1968, et de Jenny May, extrait de Morning Way, seul album de Trader Horne, formation éphémère culte des années 70. A l'issue de ces onze titres, le temps semble s'être arrêté, comme par enchantement... 

Musiciens

Judy Dyble chant

Alistair Murphy : piano, guitare acoustique, chant 
Mark Fletcher : basse, chant 
Jeremy Salmon : guitares 
Phil Toms : claviers, chant 
Rachel Canning : violon, flûte

Titres

01. Talking With Strangers
02. Driftaway 
03. Wintersong 
04. Black Dog Dreams 
05. Dreamtime 
06. Silence
07. If I Had A Ribbon Bow 
08. Crowbaby 
09. Grey October Day
10. Jenny May 
11. Sisterhood Of Ruralists 

vendredi 2 août 2019

Oöphoi & Louisa John-Krol - I Hear The Water Dreaming (2005)

Oophoi Louisa John Krol I Hear The Water Dreaming
Oöphoi & Louisa John-Krol - I Hear The Water Dreaming
(2005)

Pourquoi écouter ce disque ?

I Hear The Water Dreaming ou la rencontre bienvenue entre le maître des sons italien Oöphoi et la fée australienne à la voix céleste Louisa John-Krol. Oöphoi, de son vrai nom Gianluigi Gasparetti, s'est fait connaître dans son pays d'une part pour son rôle au sein de la revue Deep Listenings spécialisée dans les musiques ambient et atmosphériques, et, surtout pour ses propres compositions. Cousine de Kate Bush et de Loreena McKennitt, Louisa était une artiste phare du label français Prikosnovenie. C'est d'ailleurs cette même maison qui a édité en 2005 I Hear The Water Dreaming, ayant nécessité cinq années de travail. Instruments électroniques (synthés, samples) côtoient instruments authentiques et originaux (flûte de bambou, bols chantants, cristaux, mandoline, ocarina) dans cette plongée dans les abysses. Rarement un disque n'a aussi bien porté son titre tellement les deux artistes nous entraînent loin dans leur univers aquatique en quête de mysticisme et de moments zen, où nos âmes sont invitées à flotter, à dériver lentement. La durée de ces sept pièces minimalistes oscille entre à peine trois minutes pour The Whispering Valley et plus de vingt minutes pour l'onirique Cavern Of Dreaming Shells. Si Conversations Between A Wolf And A Firefly s'apparente à une scène mythologique amérindienne, A Vessel For Michael est dédié au père de Louisa décédé en 2003. Oöphoi s'éteindra à son tour en 2013. Leur association avant-gardiste annonce une autre union toute aussi originale et improbable, celle de l'Allemand Klaus Schulze et d'une autre diva australienne au talent incommensurable, Lisa Gerrard (Farscape, 2008).

Musiciens

Oöphoi :  flûte, bols chantant, cristaux, chime, monochord, claviers, samples
Louisa John-Krol : chant, mandoline, rainstick, percussions, ocarina

Harry Williamson : percussions, claviers
Brett Taylor : programmation, samples, claviers

Titres

01. The Narni Owl 
02. Conversations Between A Wolf And A Firefly
03. The Hour Of Fauns
04. Let The Nightsky Envelope Us 
05. Cavern Of Dreaming Shells: The Dream Of Cydron/The Dream Of Kalyh/The Dream Of narwal  
06. The Whispering Valley
07. A Vassel For Michael