mardi 23 février 2021

Nightwish - Endless Forms Most Beautiful (2015)

Nightwish Endless Forms Most Beautiful
Nightwish - Endless Forms Most Beautiful (2015)

Pourquoi écouter ce disque ?

Pour Endless Forms Most Beautiful, le challenge paraissait énorme. Non seulement il lui fallait succéder au magistral Imaginaerum (2011), mais, en plus, il devait imposer Floor Jansen (After Forever, ReVamp), nouvelle chanteuse, ainsi que le multi-instumentiste Troy Donockley, et faire face à l'absence du batteur historique Jukka Nevalainen écarté pour raisons de santé. Impossible affirmaient certains… à l'impossible nul n'est tenu leur rétorquait Tuomas Holopainen, sûr de lui comme jamais. Biologiste de formation, passionné par la nature depuis sa plus tendre enfance, il s'est éloigné des mondes imaginaires du précédent disque pour embrasser celui de la science, de Charles Darwin et de son évolution des espèces en particulier. Sans abandonner sa vision poétique, il a fait de Endless Forms Most Beautiful une ode à la vie, mise en musique par une formation recentrée, marqué par le retour des guitares et du piano. Ambiances positives (My Walden, Élan, Alpenglow) et moments apocalyptiques (Weak Fantasy, Yours Is An Empty Hope) s'enchaînent jusqu'au final explosif, un The Great Show On Earth majestueux, inspiré des travaux de Richard Dawkins venu lire certains passages. Ce monument d'une durée de vingt-quatre minutes, le plus long morceau jamais écrit par le groupe, a pour ambition de présenter l'évolution de la vie depuis son apparition sur la planète il y 4,5 milliards d'années. Passionnant d'un bout à l'autre, Jean-Sébastien Bach côtoie ici Metallica pour le meilleur. Floor Jansen y est sublime, c'est la seule partie de l'album sur laquelle elle déploie son chant lyrique. Sur les autres titres, elle ne cherche jamais à impressionner, mesurant chacune de ses interventions à l'instar de l'émouvante ballade Our Decades In The Sun, écrite par Tuomas en remerciement à ses parents, et par extension à tous les parents, de lui avoir donné la vie. En perpétuelle mutation, Nightwish se bonifie avec le temps, sans jamais cesser de surprendre et d'impressionner. 

Musiciens

Floor Jansen : chant
Emppu Vuorinen : guitares
Tuomas Holopainen : claviers, piano
Marco Hietala : basse, chant, guitares acoustiques
Kai Hahto : batterie
Troy Donockley : uilleann pipes, low whistle, bodhrán, bouzouki, chant

Richard Dawkins : lecture
Orchestre de Grandeur
The Metro Voices
The Children's Choir

Titres

01. Shudder Before The Beautiful 
02. Weak Fantasy 
03. Élan 
04. Yours Is An Empty Hope
05. Our Decades In the Sun
06. My Walden
07. Endless Forms Most Beautiful 
08. Edema Ruh
09. Alpenglow 
10. The Eyes Of Sharbat Gula 
11. The Greatest Show On Earth 

Vidéos


Endless Forms Most Beautiful : lien vidéo ici

dimanche 21 février 2021

Faun - Eden (2011)

Faun Eden
Faun - Eden (2011)

Pourquoi écouter ce disque ?

Faun, pour ceux qui ne connaissent pas, seraient en quelque sorte les cousins éloignés de Blackmore's Night, en plus païen (et moins kitsch dirons les mauvaises langues) qui auraient croisés la route de Dead Can Dance époque Aion, puis suivi leur propre voie en terres germaniques. Le multi-instrumentiste Oliver s. Tyr, son fondateur, est un passionné de civilisations anciennes, de mythologie et d'histoire médiévale. A ses côtés se tiennent la belle Fiona Rüggeberg, joueuse de flûtes et chanteuse, le percussionniste Rüdiger Maul ainsi que Niel Mitra, maître des sons électroniques et autres ambiances sonores. Rairda est la dernière arrivée dans la troupe au poste de chanteuse. Elle succède avec brio à Lisa Pawelke, aux origines du groupe, et à Sandra Elflein partie pour cause de maternité. Sorti en 2011, Eden, leur sixième album, est le plus ambitieux jusqu'alors. Il a été construit autour du concept de "Paradis", lieu idyllique où humains et nature vivraient en harmonie. Tout au long de ce disque dense, d'une durée dépassant les soixante-dix minutes pour quatorze titres, Faun jongle entre ces sociétés anciennes, partageant quelle que soit l'époque, cette idée commune de Paradis… parfois perdu. Ainsi, Lupercalia nous plonge au cœur de la Rome antique et de ses fêtes pastorales, l'hypnotique Hymn To Pan se veut un retour dans la Grèce ancienne, Arcadia offre un détour vers la Finlande, Oyneng Yar nous ramène à l'époque de l'Empire ottoman, aux frontières avec la Perse. Si Iduna célèbre la déesse nordique du même nom, gardienne des pommes de jouvence garantissant aux dieux leur immortalité, Adam Lay Ybounden et Golden Apples explorent le jardin d'Eden des religions du Livre. Mondes suédois (Polska Från Larsson), celtiques (Ynis Avalach) et irlandais (The Butterfly) sont également abordés, offrant le plus vaste panorama possible. A côté de cela, les références littéraires sont riches et nombreuses, de Rumi à Joseph Conrad en passant par le poète autrichien Ingeborg Bachmann. Et pour être complet, impossible de ne pas évoquer les sublimes illustrations du livret signées Brian Froud, Chris Kuksi, Renae Taylor et Julia Helen Jeffrey. Eden est non seulement un bel objet, mais aussi, et avant tout, une œuvre musicale conceptuelle, fusionnant harmonies vocales célestes, instruments acoustiques d'un autre temps et paysages sonores modernes discrètement fondus dans l'ensemble. Une réussite à la fois visuelle, musicale et artistique. 

Musiciens

Oliver s. Tyr : chant, bouzouki, nyckelharpa, harpe, guitare, marimba, baglama, dulcimer, tambourin 
Fiona Rüggeberg : chant, flûtes, cornemuse, marimba, harmonium
Rairda : chant, harpe celtique
Niel Mitra : sons, claviers, programmation, marimba
Rüdiger Maul : batterie, percussions

Mediæval Bæbes ensemble : chœurs
Adam Hurst : violoncelle
Sandra Elflein : vièle à roue
Fieke van den Hurk : vièle à roue 
Matti Rouse : violon
Mark Lewis : texte lu

Titres

01. Lupercalia 
02. Zeitgeist 
03. Iduna 
04. The Butterfly
05. Adam Lay Ybounden
06. Hymn To Pan 
07. Pearl 
08. Oyneng Yar 
09. Polska Från Larsson
10. Alba
11. Ynis Avalach
12. Arcadia 
13. The Market Song 
14. Golden Apples

Vidéos


Hymn To Pan (live): lien vidéo ici

jeudi 18 février 2021

Spriguns - Revel Weird And Wild (1976)

Spriguns Revel Weird And Wild
Spriguns - Revel Weird And Wild (1976)

Pourquoi écouter ce disque ?

Après un premier album hésitant, Jack With A Feather paru en 1975, Spriguns Of Tolgus revient un an après avec ce Revel Weird And Wild. Entre les deux disques, le groupe a effectué un bond prodigieux, affinant son style, devenant plus électrique. Du précédent, il ne reste plus que Mandy Morton au chant et à la guitare, ainsi que son mari Mike à la basse. Chris Woodckock (batterie), Dick Powell (guitares, claviers) et surtout le violoniste Tom Ling sont de nouvelles recrues expérimentées, auxquelles s'ajoute la participation de BJ Cole (Procol Harum, Humble Pie, Joan Armatrading) à la pedal steel guitar sur deux titres, les impressionnants Trysting Tree et When Spring Comes In. Soutenus désormais par une maison de disque, Decca, qui a exigé l'abandon du nom de Spriguns Of Tolgus au profit du simple Spriguns, plus accrocheur, et toujours accompagnés par Tim Hart (Steeleye Span), à nouveau à la production et au mixage, les musiciens offrent une prestation exquise, complètement à contre-courant de ces années rebelles où le punk explose et le disco mène la danse. Et c'est là que le charme opère. D'une voix angélique, presque enfantine parfois, Mandy raconte d'étranges histoires animées par des personnages souvent inquiétants tels que Sir Colvin ou Lord Lovell. La nouvelle version de Laily Worm, déjà interprétée sur leur premier enregistrement Rowdy, Dowdy Day (1974) demeuré confidentiel, est flamboyante, tandis que Piscie Song ou l'exquis Outlandisch Knight qui débute comme une simple comptine innocente avant de devenir plus menaçant, ne sont pas sans évoquer le meilleur de Steeleye Span, voire de Mellow Candle. Par son travail méticuleux, Spriguns a fait de ce Revel Weird And Wild un intemporel, toujours aussi agréable à écouter près d'un demi-siècle après sa parution.

Musiciens

Mandy Morton : chant, guitare acoustique
Dick Powell : guitare électrique, claviers, chant
Mike Morton : basse, chant
Chris Woodcock : batterie

B. J. Cole : pedal steel guitar 

Titres

01. Trysting Tree 
02. Outlandish Knight 
03. Sir Colvin 
04. Piscie Song
05. Nothing Else to Do
06. Hasberry Howard 
07. Lord Lovell 
08. Laily Worm
09. When Spring Comes In 

Vidéos

Sir Colvin : lien vidéo ici

Piscie Song : lien vidéo ici

dimanche 14 février 2021

Rosa Cedrón & Cristina Pato - Soas: Muller (2010)

Soas Muller
Rosa Cedrón & Cristina Pato - Soas: Muller
(2010)

Pourquoi écouter ce disque ?

Soas est un projet musical original né de la rencontre entre deux passionnées de littérature et musique galicienne. Chanteuse et violoncelliste confirmée, Rosa Cedrón s'est fait connaître en devenant la chanteuse de Luar Na Lubre, formation galicienne folk, entre 1996 et 2005, ainsi qu'en participant à l'album Tubular Bells III de Mike Olfdield en 1998. Installée aux États-Unis, Cristina Pato est à la fois universitaire, écrivaine, éducatrice, pianiste et joueuse de gaïta, autre nom de la cornemuse. En 1999, elle est devenue la première joueuse de cet instrument à sortir un album sous son seul nom. Depuis, elle a collaboré avec des artistes jazz, de musique classique et de musique expérimentale. En 2008, elle rencontre Rosa et se découvrent cette passion commune pour leur Galicie natale et sa culture. Elles ont alors l'idée de transposer des airs traditionnels populaires comme María SoliñaUnha Noite Na Eira Do Trigo ou Heicho De Dar, en pièces classiques accompagnées au piano et d'un orchestre symphonique. Le projet Soas ("seul" en galicien) est né. Muller qui signifie "femme" en galicien est le résultat incandescent de cette collaboration. Tout y est douceur et sensualité. Outre ces chants folkloriques passionnés, elles ont également mis en musique des textes d'écrivains galiciens, tant anciens que contemporains. Les auteures femmes sont à l'honneur telles que les poétesses Rosalía de Castro et Yolanda Castaño, ainsi que la chanteuse portugaise de fado Amália Rodrigues, si proche culturellement de la Galice espagnole. Ecouter cet album, c'est s'envoler dans une autre dimension, sorte de parenthèse enchantée, bien loin des tracas quotidiens. 

Musiciens

Rosa Cedrón : chant, violoncelle
Cristina Pato : piano, gaïta

Orchestre symphonique de Bratislava

Titres

01. Negro Caravel 
02. María Soliña 
03. Mirabella 
04. Interludio Azul 
05. Lágrima 
06. Máis Amor 
07. Interludio Violeta 
08. Pomba Dourada 
09. Soedades 
10. Interludio Añil 
11. Unha Noite Na Eira Do Trigo 
12. Os Teus Ollos 
13. Heicho de Dar 
14. Epílogo

Vidéos

Negro Caravel : lien vidéo ici

Lágrima : lien vidéo ici

Unha Noite Na Eira Do Trigo : lien vidéo ici

jeudi 11 février 2021

Zio - Flower Torania (2020)

Zio Flower Torania
Zio - Flower Torania (2020)

Pourquoi écouter ce disque ?

On se souvient de Jimmy Pallagrosi, batteur tonitruant de Karnataka de 2014 à 2017, année de son éviction. Ce départ précipité l'a conduit a construire son propre projet musical répondant au nom de Zio, ce qui signifie "oncle" en italien. Passionné de jeux vidéo, de cinéma d'action et de séries TV, il a imaginé avec ses vieux amis Marc Fascia (guitares) et Olivier Castan (claviers) cette histoire fantastique où un jeune adolescent, légèrement rêveur, se retrouve aspiré par une console magique devenant ainsi le héros malgré lui d'un jeu. Sa mission est de ramené la fleur Torania à la belle Belbi afin de la guérir d'une malédiction, tout en évitant les pièges du méchant Nato qu'il sera amené à combattre. On est là face à un opéra-rock à la Ayreon, développant son propre univers musical ambitieux, le rendant à la fois inclassable et excitant. Chaque personnage est incarné par une voix. C'est un véritable plaisir de retrouver Hayley Griffith dans le rôle principal incarnant cette mystérieuse fleur Torania. Ancienne complice de Jimmy au sein de Karnataka et désormais sa compagne, elle est dotée d'une voix envoutante qui se combine à merveille avec celle de That Joe Payne (ex-The Enid) jouant le rôle d'Alan, le héros. La grande Heather Findlay (Belbi) et l'incroyable Franck Carducci (Nato) sont les deux autres protagonistes de cette histoire au final explosif, où tout est possible. Prog, pop, rock et metal sont au programme de cet album inventif, aux multiples rebondissements, ne laissant aucun répit à l'auditeur qui, à l'instar d'Alan, se retrouve l'espace d'un instant absorbé à son tour dans cette odyssée surnaturelle à l'issue incertaine. 

Musiciens

Hayley Griffiths : chant
Joe Payne : chant
Franck Carducci : chant
Heather Findlay : chant

Marc Fascia : guitares
Richard Henshall : guitares
Olivier Castan : claviers
Lzi Hayes : basse
Alex Lofoco : basse
Jimmy Pallagrosi : batterie, percussions
Cagri Tozluoglu : orchestration
Alfonso Alfano : accordéon

Titres

01. Ride Along
02. X-Ray 
03. Wings Inside 
04. Gold And Power 
05. Straight Up from Underneath 
06. Jupiter
07. Erwin's Opera 
08. Inner City Shorroma 
09. Ma Petite Histoire
10. Interstellar List
11. Flower Torania 

Vidéos


Wings Inside : lien vidéo ici

mardi 9 février 2021

Pentangle - Live 1994 (1995)

Pentangle Live 1994
Pentangle - Live 1994 (1995)

Pourquoi écouter ce disque ?

Enregistré lors d'une tournée allemande, Live 1994 clôt brillamment la deuxième époque de Pentangle. Reformé en 1981, après avoir été un des pionniers du folk électrique britannique de la fin des années 60 aux côtés de Fairport Convention, Trees, puis Steeleye Span, la nouvelle incarnation de Pentangle s'est stabilisé au fil des années autour du noyau historique Jacqui McShee/Bert Jansch plus Gerry Conway (Fotheringay, Jethro Tull) à la batterie, Nigel Portman-Smith (Magna Carta) à la basse et le dernier arrivé Peter Kirtley aux guitares. Celui-ci d'un pedigree plus rock que folk apporte une subtile touche électrique bienvenue, au feeling digne d'un Richard Thompson. Les enregistrements live de Pentangle sont plutôt rares, alors autant savourer notre plaisir le plus intensément possible, surtout qu'aucune retouche en studio n'a été effectuée. En revanche, il ne s'agit pas de l'intégralité d'un concert, mais d'une sélection de morceaux, les plus représentatifs, sélectionnés parmi plusieurs enregistrements. Bramble Briar, connu aussi sous le titre de Bruton Town, ouvre le set. Cette ballade meurtrière, une des favorites du répertoire du premier Pentangle, date de leur tout premier album paru en 1968. Chantée par Bert en lead, secondé par les vocalises célestes de Jacqui, Sally Free And Easy se trouve sublimée par les envolées électriques de Kirtley. Le morceau suivant, l'instrumental Kingfisher signé Jansch se trouve à l'origine sur son album solo Avocet de 1978. Ambiance bluesy avec Come Back Baby, autre titre solo de Bert datant lui de Nicola sorti en 1968. Place ensuite à Jacqui qui se lance dans une version a cappella sublime de When I Was In My Prime. Apporté par Kirtley sur Think Of Tomorrow, Meat On The Bone s'est très vite imposé comme un incontournable sur scène. Travelling Solo est le seul représentant du dernier album en date, One More Road. Retour aux classiques avec un Bonny Boy poignant suivi d'un Chasing Love aux couleurs jazzy. Cruel Sister n'a rien perdu de sa saveur… sanglante, ni le fameux Yarrow enregistré à l'époque de Open The Door en 1985. Le concert se termine par le traditionnel Reynardine où il est question d'une jeune fille innocente séduite par le malicieux Reynard le renard. Et voilà, c'est fini. Allez ! On le remet ?

Musiciens

Jacqui McShee : chant
Bert Jansch : guitare, chant
Peter Kirtley : guitare, chant
Nigel Portman-Smith : basse, chant
Gerry Conway : batterie

Titres

01. Bramble Briar
02. Sally Free And Easy
03. Kingfisher
04. Come Back Baby
05. When I Was In My Prime
06. Meat On The Bone
07. Chasing Love
08. The Bonny Boy
09. Chasing Love
10. Cruel Sister
11. Yarrow
12. Reynardine

Vidéos

Reynardine : lien vidéo ici


When I Was In My Prime : lien vidéo ici

dimanche 7 février 2021

Joni Mitchell - Ladies Of The Canyon (1970)

Joni Mitchell Ladies Of The Canyon
Joni Mitchell - Ladies Of The Canyon (1970)

Pourquoi écouter ce disque ?

Ladies Of The Canyon marque un tournant dans la discographie de Joni Mitchell. Celle-ci sort timidement de sa zone de confort folk pour embrasser une nouvelle dimension faite d'explorations musicales. Sa voix si pure n'a jamais été aussi mise en avant, et elle n'accompagne plus ses chansons de sa seule guitare acoustique, mais d'un piano devenu omniprésent. Sa musique connaît un nouvel habillage fait d'arrangements inédits, dévoilant de manière encore discrète un violoncelle, une clarinette, une flûte ou bien un saxophone baryton. Trois des titres de cette merveille deviendront des standards : Big Yellow Taxi aux préoccupations écologiques, Woodstock commémorant le concert du même nom auquel elle n'a pu participer, et un The Circle Game poétique célébrant le cycle des saisons. Sur la chanson-titre dédiée au Laurel Canyon, ce quartier situé dans les collines de Los Angeles, véritable berceau de la contre-culture américaine des années 60-70, plane l'ombre de son amie Mama Cass, The Priest évoque sans détour son ancien petit ami Leonard Cohen, tandis que Willy n'est autre que Graham Nash, son compagnon du moment avec lequel elle rompra peu de temps après la sortie du disque, courant 1970. Les autres chansons sont traversées par sa vision romantique, parfois cruelle de la vie, à l'instar de Conversation mêlant lâcheté et amour impossible. Incontournable dans la discographie de la chanteuse, Ladies Of The Canyon symbolise à lui seul la fin d'une époque, celle des années hippies, où tout semblait possible. Le retour à la réalité n'en sera que plus cruel. 

Musiciens

Joni Mitchell : chant, guitare, piano

Teresa Adams : violoncelle
Paul Horn : clarinette, flûte
Jim Horn : saxophone baryton
Milt Holland : percussions
The Lookout Mountain United Downstairs Choir (Crosby, Stills, Nash & Young) : chœurs 

Titres

01. Morning Morgantown
02. For Free
03. Conversation
04. Ladies Of The Canyon
05. Willy
06. The Arrangement
07. Rainy Night House
08. The Priest
09. Blue Boy
10. Big Yellow Taxi
11. Woodstock
12. The Circle Game

Vidéos

Morning Morgantown : lien vidéo ici

Blue Boy : lien vidéo ici

Big Yellow Taxi : lien vidéo ici

vendredi 5 février 2021

Irish Love Stories (2015)

Irish Love Stories Martin Nolan Brendan Nolan
Irish Love Stories (2015)

Pourquoi écouter ce disque ?

Et hop! Une petite virée en Irlande. Irish Love Stories réunit en un seul disque deux grandes traditions irlandaises : la musique et les histoires. Brendan et Martin Nolan sont deux frères qui évoluent depuis leur plus tendre enfance dans le domaine artistique. Le premier est écrivain et conteur. Le second joue de la cornemuse. Il a succédé à Troy Donockley au sein de Iona quand celui-ci est parti rejoindre les finlandais de Nightwish. Il y est resté de 2009 à 2016, date de la séparation du groupe et a enregistré l'album Another Realm avec eux. Comme son nom l'indique, Irish Love Stories est un recueil de textes folkloriques irlandais ayant pour thématique centrale l'amour. Brendan raconte avec dextérité chacune de ces histoires construites autour de divinités celtes aujourd'hui disparues, de personnages légendaires ou de lieux mystérieux et fantastiques. Un air traditionnel en interlude est joué à la cornemuse ou à la flûte par Martin, ancrant l'auditeur dans les somptueux paysage de la verte Irlande, si fascinante. 

Musiciens

Brendan Nolan : lecture
Martin Nolan : cornemuse, flûtes

Titres

01. An Cúilfhionn - air
02. Clíodhana
03. The Rolling Wave - jig
04. Gearóid Iarla
05. Early And Lady Fitzgerald - planxty
06. Dream Of Aengus
07. Aisling Geal - air
08. Dargle Lovers
09. The Lovers Ghost - air
10. Rescued Bride
11. The Bride's Polka - dance tune
12. Danny Boy
13. Danny Boy - air

Vidéo

Danny Boy : lien vidéo ici

jeudi 4 février 2021

The 3rd And The Mortal - Sorrow (1994)

The 3rd And The Mortal Sorrow
The 3rd And The Mortal - Sorrow (1994)

Pourquoi écouter ce disque ?

Sans The 3rd And The Mortal, pas de The Gathering avec Anneke van Giersbergen, ni de Theatre Of Tragedy avec Liv Kristine, et encore moins de Nightwish avec Tarja. Fondé en 1990 en Norvège, cette formation deviendra, avec l'arrivée de la chanteuse Kari Rueslåtten en 1992, le précurseur du doom metal atmosphérique à chant féminin. Sorrow, leur premier EP, porte bien son nom puisque tout est tristesse, mélancolie et désespoir dans leur musique. La voix fantomatique de Kari semble hanter un mur de guitares insaisissables. Les guitaristes sont au nombre de trois, et ils envoient du lourd. Seul le titre d'ouverture est chanté en norvégien, les autres le sont en anglais, y compris le morceau final Silentely I Surrender, chanson à tiroir hypnotique, longue de huit minutes. Difficile de demeurer insensible à l'aspect expérimental et torturé de ces compositions, ni à cette voix sublime venue du froid d'une pureté inouïe (il suffit d'écouter la chanson-titre pour s'en laisser convaincre). 

Musiciens

Kari Rueslåtten : chant
Finn-Olav Holthe : guitares
Trond Engum : guitares
Geir Nilsen : guitares
Bernt Rundberget : basse
Rune Hoemsnes : batterie

Titres

01. Grevinnens Bønn
02. Sorrow
03. Ring Of Fire
04. Silently I Surrender 

Vidéos


Silently I Surrender : lien vidéo ici

mardi 2 février 2021

Millenium - White Crow (2011)

Millenium White Crow
Millenium - White Crow (2011)

Pourquoi écouter ce disque ?

Si une pie voleuse symbolise la fin d'une époque chez Marillion, son alter ego polonais Millenium lui préfère un corbeau blanc. Ce dernier, synonyme de rareté, a donné son nom à cette compilation de titres… rares. Le quintet n'a alors plus sorti d'album studio depuis Exist en 2008, ses fans s'impatientent et le live Back After Years de 2010 ne les contente plus. C'est pourquoi Ryszard Kramarski, son leader, a réuni ces onze titres parus entre 2003 et 2010, sur différents supports, maxi-singles, compilations ou CD promos, avec une idée en tête, présenter uniquement des morceaux joués par le line-up historique comprenant Łukasz Gall au chant, Piotr Płonka aux guitares, Krzysztof Wyrwa à la basse, Tomasz Paśko à la batterie et lui-même aux claviers. Le seul inédit est la chanson-titre conduite par une guitare nerveuse doublée d'une ligne de chant atypique pour Gall. Si, à sa sortie en 2011, il était légitime de penser que White Crow pouvait faire office de doublon avec 7 Years, autre compilation parue trois ans plus tôt, Kramarsky a annoncé la couleur, White Crow demeurera la seule référence, 7 Years n'étant plus jamais rééditée. Pas plus que Three Brother's Epilogue qui, avec l'épique Epilogue, mettait un terme à la flamboyante saga des frères Sunders et que l'on retrouve ici avec d'autres pépites comme I Would Like To Say Something, reprise de 2009 de l'album Vocanda, Sky, douce ballade acoustique aux couleurs folks mettant en valeur la voix de Sabina Godula, chanteuse de Loonypark, ou encore un 7 Years méditatif. 

Musiciens

Łukasz Gall : chant
Ryszard Kramarski : claviers, guitare acoustique
Piotr Płonka : guitares
Krzysztof Wyrwa : basse
Tomasz Paśko : batterie

Sabina Godula : chant
Michal Kramarski : chant

Titres

01. White Crow 
02. Monotony 
03. Plastic World 
04. Born To Hate
05. Im Still Burning 
06. 7 Years
07. I Would Like To Say Something 
08. Where's My Way? 
09. Sky 
10. Epilogue
11. Silent Night 

Vidéos

White Crow : lien vidéo ici

7 Years : lien vidéo ici