mercredi 21 juillet 2021

Lonely Robot - Please Come Home (2015)

Lonely Robot Please Come Home
Lonely Robot - Please Come Home (2015)

Pourquoi écouter ce disque ?

Dans la famille des guitaristes incandescents, je demande John Mitchell. Membre de Pendragon, It Bites, et Frost*, John se lance en 2015 dans un projet solo original intitulé Lonely Robot. Avec ce premier album Please Come Home à la pochette en clin d'œil à Robby le robot du film culte Planère Interdite, il présente une succession de chansons aux mélodies puissante et énergiques ayant pour thème commun la solitude. A la fois chanteur, guitariste, claviériste, bassiste, compositeur, producteur, mixeur et ingénieur du son, on peut dire que John fait tout, ou presque. Car il a fait appel au génial Nick Beggs (Iona, The Mute Gods, Steve Hackett, Steven Wilson) en complément à la basse, et au batteur tout aussi talentueux Craig Blundell (Pendragon, Frost*, Steven Wilson, Steve Hackett). Ça c'est pour la rythmique. La liste des invités ne s'arrête pas là. Et, il faut bien l'avouer, elle est plutôt originale. Steve Hogarth de Marillion a été convié non pas pour prêter sa voix, mais pour jouer du piano, de même pour le chanteur Nick Kershaw retenu pour ses talents de guitariste. Côté chant, justement, Mitchell a invité Peter Cox du duo pop Go West, Rebecca Need-Menear plutôt connue pour ses talents de photographe, et surtout la divine Heather Findlay sur la ballade Why Do We Stay? toute en délicatesse, ainsi que la délicieuse Kim Seviour sur un Oubliette qui aurait très bien pu figurer sur un album de son (ancien) groupe Touchstone. A la narration, les fans d'Harry Potter reconnaîtront Lee Ingleby (Stan Rocade), également le sergent Bacchus de la série Inspecteur Gently. Premier opus d'une nouvelle saga, Please Come Home saura séduire par son côté authentique, sans pour autant révolutionner le genre, mais telle n'était pas son ambition.

Musiciens

John Mitchell : chant, guitare, basse, claviers
Nick Beggs : basse
Craig Blundell : batterie

Peter Cox : chant
Heather Findlay : chant
Rebecca Need-Menear : chant
Kim Seviour (Touchstone) : chant
Jamie Finch : guitare
Nik Kershaw : guitare
Jem Godfrey claviers, Chapman stick, slide guitar
Steve Hogarth : piano, chœurs
Lee Ingleby : narration 

Titres

01. Airlock 
02. God Vs Man 
03. The Boy In The Radio
04. Why Do We Stay?
05. Lonely Robot 
06. A Godless Sea 
07. Oubliette 
08. Construct/Obstruct 
09. Are We Copies? 
10. Humans Being
11. The Red Balloon 

Vidéos

Are We Copies? : lien vidéo ici

Why Do We Stay? : lien vidéo ici

lundi 19 juillet 2021

Joni Mitchell - Blue (1971)

Joni Mitchell Blue
Joni Mitchell - Blue (1971)

Pourquoi écouter ce disque ?

Blue a 50 ans. Il est né d'une rupture amoureuse, celle de Joni avec Graham Nash, et d'une passion retrouvée, mais provisoire, avec le chanteur James Taylor. A Care Of You lui est dédié, tandis que My Old Man est pour Nash. Les autres chansons, à l'exception de Little Green, évoquent elles-aussi ses relations (compliquées) avec les hommes. Jamais Joni ne s'était autant livrée, à tel point que lors des séances d'enregistrement, elle exigeait d'être seule en studio. A l'instar de la pochette devenue culte, elle exprime sa mélancolie, son blues. Pour la première fois, elle utilise un dulcimer, instrument avec lequel elle s'est familiarisée lors de son récent séjour en Crête. Le piano a également toute sa place sur le disque, seule la guitare demeure en retrait, sauf sur Little Green et This Flight Tonight. Album de toute une génération, et bien au-delà, ce Blue aux mélodies complexes, n'en finit pas de séduire, ni d'intriguer, cinquante ans après.

Musiciens

Joni Mitchell : chant, piano, dulcimer, guitare

Stephen Stills : basse, guitare
James Taylor : guitare
Sneeky Pete : pedal steel
Russ Kunkel : batterie

Titres

01. All I Want 
02. My Old Man
03. Little Green
04. Carey 
05. Blue 
06. California 
07. This Flight Tonight
08. River 
09. A Case of You 
10. The Last Time I Saw Richard

Vidéos

California : lien vidéo ici

Little Green : lien vidéo ici

vendredi 16 juillet 2021

Karmamoi - Room 101 (2021)

Karmamoi Room 101
Karmamoi - Room 101 (2021)

Pourquoi écouter ce disque ?

Il semblait difficile de faire plus sombre que The Day Is Done, le précédent album de Karmamoi. Nos amis italiens y sont parvenus avec ce Room 101. Cette fois-ci, la source d'inspiration n'est pas un effroyable fait divers, mais le roman d'anticipation sans doute le plus célèbre du XXe siècle, 1984 de George Orwell. Dans ce classique intemporel, les mécanismes politiques et psychologiques du totalitarisme sont décrits avec une minutie déconcertante. C'est donc naturellement que Karmamoi nous entraîne dans les entrailles de la folie humaine avec, comme point culminant, cette salle 101, lieu de terreur dans lequel étaient torturés les opposants au régime. Un rien oppressante, la musique donne vie à ces personnages perdus, engloutis dans les tréfonds de l'Histoire. Pink Floyd, Steven Wilson, mais aussi Anathema ou les Allemands de Frequency Drift sont quelques-une des références se forgeant dans notre esprit à l'écoute de cet album captivant, où chaque morceau est construit comme une scène du livre, libérant tous les sentiments contradictoires des protagonistes. Dans ses interviews, le batteur Daniele Giovannoni à l'origine du concept, trace un parallèle avec notre monde contemporain où Big Brother se trouve loger dans nos smartphones qui ont provoqué un appauvrissement du langage, donc de la nuance, donc de la pensée. Et sans pensée, pas de liberté. C'est lui qui a fondé Karmamoi en 2008, accompagné d'Alex Massari à la guitare et du bassiste Alessandro Cerfali, de nouveau membre à part entière du groupe après s'en être éloigné à l'époque de The Day Is Done. Présente depuis Silence Between Sounds en 2016, la chanteuse Sara Rinaldi prête à nouveau sa voix, souvent inquiétante et empreinte de mystères. Adam Holzman qui a joué avec Miles Davis ou Steven Wilson, le violonsite Steve Unruh (UPF, The Samourai Of Prog), ou encore Francesca Zanetta, guitariste d'Unreal City et de Quel Che Disse Il Tuono, sont quelques-uns des invités venus enrichir certains des meilleurs passages de ce Room 101 dont on ressort difficilement indemne de l'écoute. Curiosité de nos temps actuels, cet album majeur de cette année 2021 est sorti à quelques semaines d'intervalles d'un autre disque tout aussi incontournable, Books That End In Tears du combo polonais TRK Project, qui aborde lui aussi à travers quatre classiques du siècle précédent, dont 1984, la douloureuse question du totalitarisme. 

Musiciens

Daniele Giovannoni : batterie, claviers, chœurs
Alex Massari : guitares
Alessandro Cefali : basse

Sara Rinaldi : chant
Valerio Sgargi : chant
Adam Holzman : piano, moog 
Emilio Merone : piano, claviers
Francesca Zanetta : solina 
Steve Unruh : violon, flûte

Titres

01. Memory Holes
02. Drop By Drop
03. Dark City
04. Zealous Man
05. Newspeak
06. Room 101
07. The New World 

Vidéos

Trailer : lien vidéo ici

jeudi 15 juillet 2021

TRK Project - Books That End In Tears (2021)

The Ryszard Kramarski Project Books That End In Tears
TRK Project - Books That End In Tears (2021)

Pourquoi écouter ce disque ?

En période de troubles, il est toujours bon de revisiter ses classiques. Ryszard Kramarski, claviériste et fondateur du combo polonais Millenium, s'est inspiré de quatre ouvrages fondamentaux du XXe siècle abordant subtilement la question du totalitarisme et de ses dérives absurdes pour son projet parallèle, TRK Project (raccourci de The Ryszard Kramarski Project). Les quatre romans en question sont Sa Majesté Des Mouches de William Golding, Le Procès de Kafka, 1984 ainsi que La Ferme Des Animaux, tous deux signés Orwell. A l'exception de leur deuxième album Sounds From The Past, tous les disques de TRK Project revisitent d'anciens classiques de la littérature, Le Petit Prince pour le premier, Mr Scrooge, puis Kay & Gerda (dont nous reparlerons ultérieurement). En passe de devenir tout aussi passionnant, sinon plus, que Millenium, TRK Project se présente comme un supergroupe réunissant de grands musiciens de la scène néo-prog polonaise avec, outre Ryszard, Krzystof Wyrwa, bassiste de Millenium, Grzegorz Fieber, batteur de Loonypark, et l'excellent guitariste aux sensibilités "gilmouriennes", Marcin Kruczek de Nemezis. Depuis Kay & Gerda en 2020, le projet à la particularité de comporter deux voix, une féminine et une masculine, chacune chantant les mêmes titres sur deux disques différents. Le premier disque laisse donc la place à Karolina Leszko, ancienne candidate de The Voice Poland, entendue pour la première fois sur le magnifique album Ego de Millenium, et présente dès Music Inspired By The Little Prince en 2017. Sa voix, très expressive, possède une identité forte. Pour tout vous dire, je pensais que ce serait elle qui succéderait à Gall lorsque ce dernier s'était retiré (provisoirement) de Millenium. Chanteur et bassiste de Fizbers, trio de néo-prog en activité depuis 2016, David Lewandowski occupe le second disque, dégageant une dose émotionnelle similaire à Karolina, évoquant parfois Gall (notamment sur Nineteen Eighty-Four), d'autres fois Roger Waters. L'ombre du Floyd plane sur l'ensemble de l'opus. En plus des références stylistiques déjà mentionnées, Animal Farm fait écho à leur album de 1977, Animals, lui aussi inspiré de La Ferme Des Animaux. Les premières mesures de Lord Of The Flies m'évoquent l'intemporel Shine On Your Crazy Diamonds de Wish You Where Here, tandis que Nineteen Eighty-Four rend un hommage discret à The Wall. Bref, que du bon !

Musiciens

Karolina Leszko : chant
David Lewandowski : chant
Marcin Kruczek : guitares
Ryszard Kramarski : claviers, guitare acoustique
Krzystof Wyrwa : basse
Grzegorz Fieber : batterie

Titres (disques 1 et 2)

01. Lord Of The Flies 
02. The Trial 
03. Nineteen Eighty-Four 
04. Animal Farm

Vidéos

Lord Of The Flies (Karolina Leszko) : lien vidéo ici

Lord Of The Flies (David Lewandowski) : lien vidéo ici

mercredi 14 juillet 2021

Niyaz - Nine Heavens (2008)

Niyaz Nine Heavens
Niyaz - Nine Heavens (2008)

Pourquoi écouter ce disque ?

Lorsque la chanteuse Azam Ali orpheline de Vas, son conjoint Loga Ramin Torkian, et le magicien des sons Carmen Rizzo se sont associés pour former Niyaz, leur ambition première était de présenter sous un angle positif la culture moyen-orientale, et particulièrement iranienne, en Occident. Après un premier album remarqué en 2005, ils poursuivent leur quête avec ce Nine Heavens qui a la particularité de comporter deux disques, le second reprenant huit des neuf titres du premier en versions acoustiques. Combinant tradition et modernité par la fusion d'instruments anciens à des sonorités électro, les trois musiciens proposent une immersion totale dans ces contrées inconnues, entre soufisme, transe et mysticisme. D'une voix pénétrante, Azam déclame des textes d'un autre temps, des poèmes turcs du XVIIIe siècle comme Beni Beni, des chants folkloriques originaires du Khorasan, région reculée du nord-est de l'Iran actuel, des textes du mystique perse Amir Khusrau datant de l'époque médiévale, ou encore des écrits anciens en ourdou, langue indienne apprise dans ce pays après qu'elle ait quitté son Iran natale. Véritable voyage vers un Ailleurs, Nine Heavens est un album fascinant, empreint de saveurs orientales. 

Musiciens

Azam Ali : chant, santour, percussions
Loga Ramin Torkian : kamanche, saz, sitar, lavta, cura, rubad, guitares
Carmen Rizzo : programmation, claviers, batterie

Omer Avci : aski davul, bendir, darbuka, zilli def
Ulas Ozdemir : baglama, cura, chant
Kourosh Moradi : daf, tombak, chant
Pandit Radha Prasad : flûte bansuri
Satnam Ramgotra : tabla
Miles Jay : basse
Andre Harutyunyan : darbuka
Aytekin Atas : chant

Titres

1.01. Beni Beni
1.02. Tamana
1.03. Feraghi - Song Of Exile
1.04. Ishq - Love And The Veil
1.05. Allah Mazare
1.06. Iman
1.07. Molk-E-Divan
1.08. Hejran
1.09. Sadrang

2.01. Allah Mazare (acoustic)
2.02. Beni Beni (acoustic)
2.03. Sadrang (acoustic)
2.04. Tamana (acoustic)
2.05. Feraghi - Song Of Exile (acoustic)
2.06. Hejran (acoustic)
2.07. Ishq - Love And The Veil (acoustic)
2.08. Molk-E-Divan (acoustic)

Vidéos

Beni Beni : lien vidéo ici

Feraghi - Song Of Exile : lien vidéo ici

dimanche 11 juillet 2021

Joshua Burnell - Storm Cogs (2021)

Joshua Burnell Storm Cogs
Joshua Burnell - Storm Cogs (2021)

Pourquoi écouter ce disque ?

Ici, nous aimons Joshua Burnell. Ce jeune chanteur, inspiré tant par le folk que le prog, fait preuve d'une imagination débordante. Storm Cogs, son dernier EP, en est une nouvelle fois le témoignage. Coincé chez lui à York, il a mis à profit cette étrange période de confinement pour composer trois morceaux, chacun racontant une histoire. Le premier, le plus émouvant, évoque le parcours incroyable d'une chanteuse mythique des années 70, Shelagh McDonald. Après deux albums particulièrement remarqués, elle a littéralement disparu durant plus de trente ans, menant une vie de nomade. La cause ? Un bad trip suite à une prise de LSD. Sur les réseaux sociaux vers lesquels je vous renvoie, Joshua rapporte avec humour et bienveillance sa rencontre avec elle. En 2018, sur son album Songs From The Seasons, il lui avait dédié Dowie Dens Of Yarrow, avec Shelagh's Song, il la fait entrer dans la légende. Changement de décor avec la chanson suivante, Chase The Storm. Et si quelqu'un contrôlait les nuages à l'aide d'une machine ? Point de départ de ce mini-conte fantastique, Joshua, rejoint par la douce Frances Sladen aux vocaux, développe cette histoire improbable aux accointances écolos… la tête dans les nuages. Empreint de nostalgie, l'instrumental The Den, dominé par la guitare acoustique, puise son inspiration dans un souvenir d'enfance. Lequel ? Nous n'en saurons pas plus. A vous d'imaginer…  

Musiciens

Joshua Burnell : chant, instruments
Frances Sladen : chant

Titres

01. Shelagh's Song
02. Chase The Storm
03. The Den

Vidéos

Shelagh's Song : lien vidéo ici

Chase The Storm : lien vidéo ici

jeudi 8 juillet 2021

Shelagh McDonald - The Shelagh McDonald Album (1970)

Shelagh McDonald Album
Shelagh McDonald - The Shelagh McDonald Album
(1970)

Pourquoi écouter ce disque ?

Le mystère Shelagh McDonald enfin résolu plus de trente ans après sa "disparition". Cette chanteuse d'origine écossaise apparue à la fin des années 60 sur la scène folk, avait tout pour devenir la nouvelle Sandy Denny. Mais le destin en a décidé autrement. Influencée par Joan Baez, Dorris Henderson, Bert Jansch, The Incredible String Band, ou encore Joni Mitchell qui lui a donné l'envie d'écrire ses propres chansons, elle sort un premier album haut en couleurs en 1970. Dessus, on entend la rythmique de Fotheringay (Pat Donaldson et Gerry Conway), des musiciens de Mighty Baby (Ian Whiteman, Mike Evans, Roger Powell), le pianiste de jazz Keith Tippett, ainsi que les arrangements orchestraux de Robert Kirby (Nick Drake) sur les splendides Ophelia's Song et Peacock Lady. Un deuxième album suivra, encore meilleur, en 1971, Stargazer. Puis plus rien. Silence radio. Qu'est-elle devenue ? Nul ne le sait jusqu'en 2005. Entrée dans la légende, certains la croyaient morte. Il n'en était rien. En avril 1972, alors qu'elle préparait son troisième album, elle a fait ce que l'on appelle un bad trip après une prise de LSD. Pendant dix-huit mois, elle a eu des hallucinations qui ont complètement bouleversées sa santé mentale et physique, à tel point qu'elle en a perdu sa voix. D'abord réfugiée chez ses parents en Ecosse, elle a mené, par la suite, une vie de nomade avec son compagnon, entre Canada, île écossaise de Bute, et nord de l'Écosse où elle vivait sous une tente. En 2005, tombant sur un article évoquant la parution de la compilation Let No Man Steal Your Thyme chez Castle Music réunissant ses deux albums plus des titres inédits, elle sort de son silence et contacte la presse locale pour raconter son histoire. Survivante d'une époque révolue, il est encore temps de se pencher sur son œuvre musicale, entourée pour toujours d'une aura mystérieuse. 

Musiciens

Shelagh McDonald : chant, guitare

Keith Christmas : guitare
Andy Roberts : guitare
Gordon Huntley : pedal steel guitar, dobro
Ian Whiteman : claviers
Keith Tippett : piano
Pat Donaldson : basse
Mike Evans : basse
Gerry Conway : batterie
Roger Powell : batterie
Tristan Fry : vibraphone

Titres

01. Mirage
02. Look Over The Hill And Faraway
03. Crusoe
04. Waiting For The Wind To Rise
05. Ophelia's Song
06. Richmond
07. Let No Man Steal Your Thyme
08. Peacock Lady
09.Silk And Leather
10. You Know You Can't Lose
11. Ophelia's Song

Vidéos


Ophelia's Song : lien vidéo ici

dimanche 4 juillet 2021

Fleetwood Mac - Mirage (1982)

Fleetwood Mac Mirage
Fleetwood Mac - Mirage (1982)

Pourquoi écouter ce disque ?

Après un Tusk expérimental et décevant en termes de ventes, retour au fondamentaux pour cette treizième étape de l'interminable saga Fleetwood Mac. Enregistré en France, au château d'Hérouville, célèbres studios qui ont vu défiler Elton John, David Bowie ou encore Pink Floyd, Mirage renoue avec l'esprit pop de Rumours, l'inspiration artistique en moins. Les relations entre les cinq membres du groupe sont devenues exécrables, et ce n'est pas le récent succès phénoménal du premier album de Stevie Nicks, Bella Donna, qui a changé la donne, bien au contraire. Cette dernière est revenue avec trois titres. Le désormais classique Gypsy écrit à la fois en souvenir de sa meilleure amie disparue, mais aussi en référence à sa vie de bohème menée avec Lindsey Buckingham avant d'intégrer Fleetwood Mac, That's Alright date justement de cette époque où tout semblait plus simple, et le virulent Straight Back nourri de sa rupture récente avec le producteur Jimmy Lovine. Sa copine, l'attendrissante Christine McVie fait du Christine McVie, c'est-à-dire des chansons sensuelles et passionnées, dont Only Over You, inspirée de sa romance avec Dennis Wilson des Beach Boys (qui décèdera par noyade l'année suivante), est le meilleur exemple. Assurant deux tubes, Hold Me et Gypsy, et renouant avec le succès commercial, Mirage permet à Fleetwood Mac de continuer à avancer pour le meilleur, mais aussi le pire. 

Musiciens

Stevie Nicks : chant
Christine McVie : claviers, chant
Lindsey Buckingham : guitares, chant, claviers
John McVie : basse
Mike Fleetwood : batterie, percussions

Ray Lindsey : guitares

Titres

01. Love In Store
02. Can't Go Back
03. That's Alright
04. Book Of Love
05. Gypsy
06. Only Over You
07. Empire State
08. Straight Back
09. Hold Me
10. Oh Diane
11. Eyes Of The World
12. Wish You Were Here

Vidéos


Hold Me : lien vidéo ici

vendredi 2 juillet 2021

Syrinx Call - Mirrorneuron (2021)

Syrinx Call Mirror Neuron
Syrinx Call - Mirrorneuron (2021)

Pourquoi écouter ce disque ?

Et si les robots développaient un jour une forme d'empathie ? Cette hypothèse est le point de départ du nouvel album de Syrinx Call. Projet conçu autour du joueur de flûte Volker Kuinke, ancien collaborateur d'Eloy, Syrinx Call compte désormais quatre membres permanents, Volker lui-même, son épouse Doris Packbiers qui a imaginé cette histoire futuriste, le producteur Jens Lueck, et sa compagne, la divine Isgaard. Après Wind In The Woods en 2015, puis The Moon On A Stick en 2018, Mirrorneuron est leur premier album concept. D'après les chercheurs en neurosciences cognitives, les neurones miroirs jouent un rôle primordial dans l'apprentissage par imitation, mais aussi dans les processus affectifs, tels que l'empathie. D'emblée, le contraste est saisissant entre cette thématique construite autour de l'intelligence artificielle, dont l'héroïne principale se trouve être un robot appelé Kai, et l'utilisation centrale des flûtes de Volker, instrument millénaire inventé, selon la légende, au temps de la mythologie grecque, par la nymphe Syrinx. Entre prog-folk et prog symphonique, Syrinx Call donne vie à une musique riche et dense, empreinte d'émotion. Déjà remarqué sur son projet solo Single Celled Organism, le chant de Jens Lueck a gagné en profondeur, donnant les mêmes frissons que Roger Waters au sommet de sa forme, comme en témoigne One Step Beyond, pont direct avec The Wall. Si l'ombre d'Edda dell'Orso plane sur Big Data, Isgaard et Doris subliment à elles deux le poignant The Arctic Will Die pleuré par Jens. Soutenu par la présence bienveillante du musicien grec Babis Nikou du projet gothique Angel's Arcana, de membres d'Eloy (Frank Bornemann, Klaus-Peter Matziol, Hannes Arkona), ou d'anciens compagnons de route de Sylvan (Jan Petersen, Katja Flintsch, Annika Stolze), on ne peut qu'être subjugué par ce magnifique opus, se savourant comme on lit un bon roman. 

Musiciens

Volker Kuinke: flûtes, chant
Jens Lueck : claviers, batterie, percussions, chant
Isgaard : chant
Doris Packbiers : chant

Frank Bornemann : guitares
Jürgen Osuchowski : guitares
Jan Petersen : guitares
Hannes Arkona : guitares, claviers
Babis Nikou : guitares, luth 
Klaus-Peter Matziol : basse
Georg Kresimon : basse
Katja Flintsch : violon, alto
Annika Stolze : violoncelle

Titres

01. Bit by Bit
02. Deceptive Illusion
03. The Arctic Will Die
04. Breakdown
05. Perfect Shine
06. Merging Influences
07. Big Data 
08. Weird Resonance
09. One Step Beyond
10. Mirror Neuron
11. I’m Gonna Buy Some Flowers
12. Sweetness
13. The Silence
14. Silence Echoes 

Vidéos

Mirrorneuron : lien vidéo ici

jeudi 1 juillet 2021

Joan Baez - Recently (1987)

Joan Baez Recently
Joan Baez - Recently (1987)

Pourquoi écouter ce disque ?

Premier album de Joan Baez à sortir dans les années 80, le précédent, Honest Lullaby remontant à 1979, Recently démontre que la Pasionaria des causes justes a encore des choses à dire, de nouvelles causes à défendre. Comme elle l'avait fait dans les années 60, elle s'est emparée de récentes chansons engagées pour en livrer des versions toutes personnelles, ne perdant en rien de leur intensité, ni de leur message. Trois personnages sont ainsi mis en lumière. Steve Biko militant anti-apartheid sud-africain, éliminé en 1977, célébré à travers l'hymne de Peter Gabriel, Biko. Nelson Mandela, alors emprisonné, pour lequel Johnny Clegg et son groupe Savuka chantent Asimbonanga ("nous ne l'avons pas vu" en zoulou). Martin Luther King à qui U2 a rendu hommage avec MLK, sur leur album The Unforgettable Fire. Militante antimilitariste depuis toujours, Joan ne pouvait pas passer à côté du sublime Brothers In Arms de Dire Straits. Sa voix, d'une pureté incroyable, transcende littéralement ce titre. Ne cherchant surtout pas à remplacer la guitare inimitable de Knopfler, elle en fait une des meilleures, si ce n'est la meilleure, reprise de ce morceau emblématique. A côté, les autres titres paraissent plus anecdotiques. Deux sont des compositions personnelles, dont la chanson-titre sur laquelle elle règle ses comptes avec son ancien mari. James & The Gang se laisse savourer rien que pour sa voix. Deux autres sont des reprises de standards américains. Popularisé dans les années 60, The Moon Is A Harsh Mistress de Jimmy Webb a été interprété par Glen Campbell, Judy Collins, Linda Ronstadt et Joe Cocker. De son côté, Do Right Woman, Do Right Man est un classique du répertoire de la grande Aretha Franklin, la Reine de la soul. Pour finir, Let Us Break Bread Together/Freedom sont deux airs traditionnels, également engagés. Mais c'est avant tout sur scène que Joan s'est battue pour des causes humanitaires dans les années 80. En 1985, elle a participé au Live Aid, puis, l'année suivante, entourée de Sting, Peter Gabriel, U2 ou encore Lou Reed, elle a rejoint la tournée A Conspiracy Of Hope au profit d'Amnesty International. En studio ou loin des studios, l'infatigable Joan Baez n'oublie jamais sa raison d'être.   

Musiciens

Joan Baez : chant, guitare

Fred Tackett : guitare
Paul Jackson Jr. : guitare
Caleb Quaye : guitare
Laythan Armor : claviers
John Hobbs : claviers
Cesar Cancino : claviers
Tony Wilkins : orgue
Abraham Laboriel : basse, guitarrón
John Robinson : batterie, percussions
Alex Acuña: batterie, percussions
Beau Williams : chœurs
The Cabar Feidh Pipe : cornemuses

Titres

01. Brothers In Arms
02. Recently
03. Asimbonanga
04. The Moon Is A Harsh Mistress
05. James And The Gang
06. Let Us Break Bread Together / Freedom
07. MLK
08. Do Right Woman, Do Right Man
09. Biko

Vidéos

Brothers In Arms : lien vidéo ici